Défi XIIème siècle : Temudjin – Ozanam & Carrion

Je ne sais pas pour vous, mais moi je trouve que “Temudjin”, ça sonne bien. Ça pourrait même faire le titre d’un tube de l’été. « Tee-mu-djiiiin, Roi des steppes de Mongoliiiiie ! (Voilà, mon destin n’est pas d’être parolière, rassurez-vous). Mais à part le titre de ma super chanson, Temudjin, c’est le prénom de Gengis Khan, et le titre de la duologie de BD que j’ai choisie pour le défi XIIème siècle !

Pour resituer un peu ce Défi, après notamment les thèmes lire un livre dont la couverture est jaune, lire des livres de nationalités tirées au sort (croate, et mongole), lire un livre écrit par un auteur qui a les mêmes initiales que nous etc … Cette fois, il fallait lire un livre dont l’intrigue se situe/ qui a été écrit pendant un siècle tiré au sort. En l’occurrence le 12ème siècle.

Ça peut paraître un peu relou mais en vrai ya plein d’œuvres chouettes sur le thème du 12ème siècle et en plus du binôme Tristan et Iseult qu’on vous proposera en commun avec Morgana, je voulais découvrir autre chose, et si possible sortant un peu de l’histoire occidentale. Gengis Khan par exemple ?

Yeah ! 😀 Tout ça pour ça, ça se voit que ça faisait longtemps que je n’avais rien publié sur le blog et que ça me manquait 😀

Bon, qu’ai-je pensé des deux tomes de Temudjin ?

Temudjin, c’est donc le prénom de celui qu’on connaît sous le nom de Gengis Khan, souverain et fondateur de l’empire de Mongolie (c’est le défi Mongolie qui devait me manquer 😉 ). Ces deux BD s’intéressent donc à comment le jeune Temudjin est devenu l’empereur que l’Histoire a retenu, de sa naissance à l’apogée de son règne. Enfin presque, parce qu’ici ce n’est pas tellement le côté historique qui compte, mais le côté légendaire, et c’est ce qui m’intéressait ! 😉 Comme pour beaucoup de personnages historiques de cette envergure, la légende bâtie autour de Gengis Khan est aussi importante, si ce n’est plus, que la réalité historique.

Dans la BD, Histoire et monde onirique se mêlent sans cesse et s’imbriquent tellement que je n’arrivais parfois plus à les distinguer l’un de l’autre.

Temudjin serait le fils de l’esprit du Loup, un grand Loup bleu qui aurait mis la mère de Temudjin enceinte. Du coup, en bon fils d’esprit du loup, dès son enfance, Temudjin peut communiquer avec les esprits, et notamment l’esprit de l’arbre, une grande blonde avec une grosse … frange qui devient plus ou moins sa femme dans son monde intérieur. Ça va, je ne vous ai pas perdus ? 😀

Ça, c’est le tout début de la duologie, certains éléments semblent vraiment correspondre à la légende existante de Gengis Khan, mais les auteurs ont sans doute ajouté leur touche et leur interprétation.

En tout cas, ce parallèle entre la réalité dans laquelle vit le Gengis Khan de la BD et le monde des esprits, qui existe majoritairement à l’intérieur de lui-même m’a vraiment bien plu. J’ai d’ailleurs beaucoup aimé comment les esprits sont représentés, avec des traits plus clairs, sur un fond bleu sombre, et quelques touches de couleurs, comme une photo en négatif. Tous ces dessins en numérique s’intègrent très très bien. J’ai trouvé toutes ces cases très belles et j’ai regretté qu’il n’y en ait pas plus. D’autres au contraire, surtout dans le tome 2, m’ont gênée tant elles semblaient moins travaillées, aux traits plus grossiers, et parfois avec une perspective bizarre, ça faisait un sacré contraste entre les autres cases que je trouvais si belles …

A part ce détail, je n’ai pas grand chose à reprocher au tome 1. J’aurai peut-être aimé qu’on suive un peu plus Temudjin enfant avant qu’il devienne adulte, mais globalement l’histoire m’a bien transportée.

Je crois que ça s’est gâté pour moi dans le tome 2.

Là, le personnage de Temudjin m’était beaucoup moins sympathique (ce qui peut être cohérent par rapport à la réalité historique) et je n’arrivais plus vraiment à faire la distinction entre le monde réel et le monde onirique. Cela aurait pu avoir un côté très sympa et je pense que c’est volontaire, mais j’étais complétement paumée 😀

Dans ce tome 2, Temudjin est vraiment devenu Gengis Khan (le « souverain universel »), il est le chef de son peuple et entreprend les conquêtes militaires qu’on lui connaît. Et là, c’est typiquement le genre de récit que j’ai du mal à suivre, alors si en plus la moitié du temps ça se passe dans sa tête, et avec des hommes buffles, c’est même plus la peine pour moi d’essayer de faire la distinction entre ce qui est historique, ce qui appartient à la légende, et ce que la BD crée elle-même. Même en lisant et relisant la page wikipédia, je galère encore 😀 Je n’ai pas bien suivi qui était ce premier Temudjin dont le héros de la BD devait suivre la destinée par exemple.

Alors, certes, ce n’est pas forcement le but du jeu, mais quand même j’avais envie d’en savoir plus, et voir comment légende et histoire s’entremêlait m’intéressait vraiment ! Entre les Légendes du Roi Arthur, Tristan et Iseult, j’ai l’impression que c’est un peu la marque de fabrique des récits traitant de cette époque :p Et nous cet enchevêtrement fiction-réalité, on aime ça, ça nous avait déjà bien occupées dans l’article sur la Princesse de Montpensier :p

Bref ! Je vais encore plus m’emmêler après et croire que Temudjin est en couple dans sa tête avec la Princesse de Montpensier, ça va être le bordel !

J’ai donc moins adhéré à ce deuxième tome, si les esprits sont très présents, on retrouve moins ces cases en « négatif » qui m’avait tant plu dans le tome 1, et j’ai franchement galéré avec l’histoire. En soi, si on ne cherche pas trop à distinguer le « vrai » du « faux » ça reste compréhensible, je me suis sans doute posé trop de questions ^^

Temudjin n’a pas été une mauvaise lecture, au contraire, j’ai passé un bon moment avec ces deux tomes, qui changent vraiment de ce que j’ai l’habitude de lire, mais j’en attendais plus et j’ai un petit sentiment de frustration. L’histoire me laisse un peu sur ma faim, je pense que j’aurai eu envie de creuser cet univers des esprits et du parallèle réalité/fiction. Mais bon, dans l’ensemble, pourquoi pas :p

(Je viens aussi de me rendre compte qu’Antoine Carrion, l’illustrateur de Temudjin, est aussi celui de Nils, une BD qui me fait de l’œil depuis bien longtemps ! Je crois que ça va me motiver pour de bon à la découvrir et à comparer avec Temudjin 😉 )

3 Comments on “Défi XIIème siècle : Temudjin – Ozanam & Carrion

  1. Classe, je retiens !
    Sur l’histoire romancée et très lisible de Ghengis Khan, Le loup mongol d’Homéric est pas mal du tout.

  2. Ooolala mais comment tu fais pour trouver de si jolis albums ?!
    A chaque fois je bave presque sur mon clavier (bon à part la planche que tu as présenté avec les persos et leurs angles de corps… curieux ^^) !
    J’aime que tu fasses augmenter ma Pile à Lire album graphique, même si je pense que je me casserai beaucoup la tête, comme toi, à essayer de dissocier le vrai du faux, ça me donne quand même très envie de lire cette duologie !
    Quant à Nils, olala, lis le vite, que je puisse savoir si je bave encore plus sur mon clavier ou pas^^
    Des bisous !

  3. Je serais curieuse de découvrir cette bande-dessinée. Le style graphique me plaît bien d’après les images que tu as mises.

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