Des mirages plein les poches – Gilles Marchand

Venez, on va se balader dans une brocante et y retrouver, comme par magie, tous les objets qui ont marqué notre vie. Ou alors, allons au restaurant, et commandons chacun deux demi-truites – parce que deux demi-truites, ça fait presque un quart de plus qu’une portion entière, voyez-vous. Ou alors, on peut partir faire du shopping, à la recherche de chaussures qui courent vite.
Bref, et si on allait faire un petit tour dans l’univers de Gilles Marchand ?

Je vous ai rarement parlé de recueils de nouvelles sur le blog. Quand je dis peu, je veux dire… 1 ou 2, et probablement uniquement de Zweig, car je ne lis pratiquement que des nouvelles de Stefan Zweig. Le format nouvelle et moi, on ne se déteste pas, mais on ne s’aime pas non plus à la folie. Les nouvelles ont tendance à me mettre un peu trop vite à la porte, alors que, moi, j’aime bien pouvoir m’installer dans une histoire – il faut que j’ai le temps d’aller chercher un plaid, me faire un thé, le boire, puis peut-être en refaire un, si le chat veut bien bouger de mes genoux… En fait, j’aime avoir l’impression de faire un bon bout de chemin avec une histoire, et les nouvelles ne satisfont pas ce petit caprice de lectrice.

Alors pourquoi, soudain, je me suis dit que lire Des mirages plein les poches allait être une bonne idée ?

L’année dernière, j’avais lu (et beaucoup aimé) Un funambule sur le sable, du même auteur. Quand j’ai vu débarquer ce recueil de nouvelles au titre si joli, je me suis dit que c’était peut-être bien l’occasion de retourner faire un petit tour dans l’univers si particulier de Gilles Marchand.

Pas de doute, on reconnaît dès les premières lignes le style de l’auteur du Funambule sur le sable. On retrouve immédiatement ce cadre en apparence des plus réalistes dans lequel se glisse soudain l’improbable, l’absurde et le magique. J’ai trouvé que les nouvelles s’articulaient particulièrement bien les unes aux autres et formait un ensemble d’une cohérence très réussie. Résultat, la brièveté des histoires ne m’a pas laissée avec cette sensation de frustration – logique mais assez déplaisante pour moi – qui accompagne souvent ma lecture de nouvelles. Là, je suis ressortie de ma lecture avec l’impression d’être restée dans le même univers durant 130 pages, où histoires et personnages se répondaient.

Tous ces héros ont quelque chose de dramatiques, avec leurs rêves – satisfaits, insatisfaits, ou qu’ils essayent de satisfaire – auxquels ils croient jusqu’au bout. Pour cela, il invite un peu de fantaisie dans leur vie pour pouvoir continuer à y croire et vivre ce que la réalité ne leur donne pas. En commençant ma lecture, j’ai très vite été surprise car je ne m’attendais pas à la puissance de la mélancolie qui domine le recueil.

J’ai d’ailleurs aimé retrouver les mêmes références que dans Un funambule dans le sable, particulièrement les références musicales (résultat, j’écoute Jefferson Airplane en rédigeant l’article :D). Cela m’a donné une sensation de complicité assez curieuse, hé oui, t’inquiète monsieur le narrateur, moi aussi j’ai fréquenté un certain Stradi et son copain Max, je vois de quoi tu parles. 😀

Les nouvelles de ce recueil m’ont souvent agréablement surprise, parfois déçue, glacée ou scandalisée (mais, mais, mais, ça ne va pas se finir comme ça ? :O)(si), touchée – ou pas -, mais jamais laissée totalement indifférente.

2 Comments on “Des mirages plein les poches – Gilles Marchand

  1. Très intriguant ! Je ne suis pas une adepte des nouvelles non plus, Zweig excepté évidemment, mais j’ai lu deux recueils qui m’ont bien plu récemment, donc pourquoi pas renouveler l’expérience avec celui-ci !

  2. C’est Naomi, du blog la Récolteuse de Mots qui en a parlé il n’y a pas longtemps et qui m’a donné envie de découvrir cet auteur, et toi tu arrives, hop là, et j’ai soudainement envie de courir à la librairie me procurer ce livre. Le truc c’est que déjà j’ai trop de livres à lire qui me regardent avec un air triste, mais en plus, c’est lundi, et lundi, la librairie est fermée.

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