Gabrielle (Le Goût du Bonheur, tome 1) – Marie Laberge

Cette série est l’une des toutes premières dont j’ai entendu parler lorsque j’ai découvert la blogosphère littéraire (en particulier grâce à Mon Coin Lecture). J’avais surtout retenu l’enthousiasme assez général pour cette trilogie, le côté saga familiale qui me parlait particulièrement et… les couvertures. Allez savoir pourquoi, j’ai toujours aimé leur sobriété et leur classe. Cela aura pris pas mal d’années avant que je me lance dans cette lecture mais ça y est, j’ai enfin rencontré la famille Miller ! (le coup de pouce final aura été l’enthousiasme de Plouf)(à qui cet article est carrément dédié, ouais ouais :D).

Le Goût du bonheur c’est… excusez-moi, j’ai interrompu la rédaction de cet article pour aller commander le tome 2 (véridique, il y avait une super occasion sur un site, d’abord 0:) ).
Où en étais-je ? Le Goût du bonheur, c’est une saga familiale qui se déroule à Québec après la crise de 1929. La famille Miller a eu de la chance et a réussi à échapper à la misère qui s’est abattue sur nombre de foyers. Même s’ils ne font pas partie de ceux qui ont tout perdu, ce n’est pas pour autant que la difficulté de l’époque les laisse indifférents.

C’est ainsi que nous plongeons dans cette époque, aux côtés de Gabrielle, l’héroïne de ce premier tome, femme heureuse en mariage (et croyez-moi, ce n’était pas gagné à l’époque apparemment) et mère de cinq enfants. J’ai énormément aimé Gabrielle. Elle pourrait paraître trop parfaite pour être vraie, tout comme sa vie, au sujet de laquelle elle s’estime extrêmement chanceuse. C’est d’ailleurs peut-être cela qui a joué en la faveur de Gabrielle : le fait qu’elle souligne régulièrement le fait qu’elle est privilégiée et qu’elle le sait. Sa vie de couple est assez exceptionnelle : le duo qu’elle forme avec Edward, son mari, est aussi touchant que passionnant à suivre. Terriblement “moderne” pour l’époque, ils passent beaucoup de temps à (accrochez-vous bien, c’est un peu choquant)… communiquer et débattre de leurs opinions respectives, afin de prendre les décisions ensemble concernant ce qu’il faut faire pour la vie de leur famille.
On sait combien on adôôre les histoires d’amour impossibles avec moult rebondissements, “c’est impossible entre nous tu le sais bien”, “comment as-tu pu me faire ça Stephen ?”… mais est-ce qu’on sait à quel point une histoire centrée sur un couple équilibré et fonctionnel peut être passionnante ? Moi, je ne m’en étais pas forcément rendue compte jusqu’à ce jour. C’est vrai, quoi, on n’a pas l’habitude, et ça me choque un peu en réalisant ça 😀
Bref, Gabrielle et Edward, c’est un vrai plaisir de les suivre dans leur vie de couple marié depuis des années et qui a déjà 5 enfants à s’occuper. Genre la vie de famille et l’espère de routine et les obligations associées peuvent être ultra accrocheuses ? Oui, oui. En tout cas, je peux vous dire que j’ai tourné les pages à toutes vitesse pour ma part.

Le livre nous plonge dans un contexte que je ne connaissais absolument pas, et j’ai adoré découvrir cette ambiance, les problématiques de l’époque. Au travers de Gabrielle, c’est toute la condition féminine de l’époque qui est questionnée, mais également celle des différences entre les classes sociales. C’est le genre de livre aussi divertissant qu’intéressant au niveau des thèmes abordés. Il dresse des portraits de personnages extrêmement réussis et vivants, des personnages beaux mais imparfaits, qui craquent parfois, font des erreurs… alors on les déteste quelques pages, on est triste, énervé, on a le cœur un peu (beaucoup) brisé, et puis on les aime de nouveau, parce que c’est la magie des bonnes saga familiales, je trouve.

J’avoue cependant avoir eu du mal avec certains éléments : le personnage de Nic n’a pas réussi à me toucher. Je l’ai beaucoup aimé au début, et plus ça allait, moins j’aimais la place qu’il prenait dans le récit, au détriment d’Edward. On perdait la présence de la relation entre Gabrielle et son mari, au profit de l’amour impossible de Nic pour l’héroïne. J’ai très peu été sensible à tout cet amour impossible et caché, “je me sacrifie car je sais où est mon devoir” (blablabla)(oui, j’ai vraiment été saoulée :D).
Du coup, même si la dernière centaine de pages s’est lue aussi vite que les précédentes, j’étais tout de même assez frustrée par ce qui s’y déroulait car j’avais perdu ce qui me plaisait le plus au début. Je comprenais que l’autrice emmenait le récit vers son tome 2 et la transition vers Adélaïde (la fille aînée de Gabrielle, héroïne du tome 2), mais je regrettais un peu le changement de narration et les axes vers lesquels cela s’orientait.

Malgré tout, je reste très enthousiaste à l’idée de lire le tome 2 (la preuve, j’ai arrêté d’écrire mon article pour l’acheter car j’ai réalisé que j’allais vraiment avoir besoin de connaître la suite soon soon soon). J’avoue avoir un peu peur de ne pas être autant séduite par ce qui s’y déroule : déjà, l’ambiance seconde guerre mondiale risque d’être très peu meugnonne (et j’ai un coeur de fragile, je vous rappelle), mais en plus, je crains que l’impétueuse Adélaïde puisse un peu trop partir en freestyle au niveau des décisions qu’elle va prendre pour sa vie. Mais bon, j’ai beaucoup aimé la fougue du personnage jusque-là, même si elle s’annonce comme un personnage un peu plus “romanesque” que sa mère. J’aimais bien le côté “mère de famille lambda en apparence mais qui a des idées et des manières singulières de faire au fond” de Gabrielle. Bref, une héroïne plus dans la demi-mesure, forte et qui raisonne beaucoup. Adélaïde s’annonce plus… volcanique et carrément atypique, de manière bien plus ouverte et publique que sa mère. Ce qui peut être très intéressant à suivre (mais je sens arriver les “nooooon, mais kestufé ? Ça va mal tourner !” outrés que je vais pousser durant ma lecture). Rendez-vous bientôt pour savoir si j’aurai eu raison, du coup ! 😉

Bref, une lecture dans laquelle j’aurai mis très longtemps à me lancer, mais qui s’est avérée être assez impossible à lâcher. Je vous jure, j’en aurais laissé cramé mon repas juste pour pouvoir savoir ce qui allait arriver à un Miller en difficulté… et je peux vous dire que je suis rarement prête à laisser cramer mon repas 😀

3 Comments on “Gabrielle (Le Goût du Bonheur, tome 1) – Marie Laberge

  1. Comme toi j’ai adoré Gabrielle mais par contre j’ai vraiment hâte de lire le tome 2 car Adélaïde est mon personnage préféré pour le moment et son côté volcanique comme tu dis m’attire fortement.
    J’ai fais ma chronique sur le tome 1 sur mon blog où je partage ton article.
    Bonne semaine

    • J’espère que le tome 2 sera à la hauteur de tes attentes alors ! Il y a de grandes chances que tu sois satisfaite, je pense, Adélaïde est un personnage que je trouve très bien développé 🙂
      C’est très gentil pour le lien, merci beaucoup Laura !
      Bon week-end à toi, et à bientôt !

  2. Hiiii coooucoooou =D ♥
    J’ai tellement aimé ce premier tome et j’aime tellement Gabrielle, qui est mon personnage préférée de toute la saga ♥
    Je comprends ce que tu veux dire pour Adélaïde et je ne dirais qu’une chose… Accroche toi ma grande x)
    Sinon je pense que Nic te plaira plus par la suite ! Il est plus développé et intéressant ! =)
    Mais ils sont tous si formidables olalala, tu me donnes envie de les relire, là tout de suite alors qu’il faut que je me fasse à manger (à défaut de laisser brûler mon repas^^)
    Plein de bisous !

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