Guide de survie pour le voyageur du temps amateur – Charles Yu

Je vais commencer par vous dire deux choses au sujet de ce livre : 1) j’ai beaucoup aimé 2) je n’ai aucune idée de comment vous parler de ce roman tellement est atypique, qui se présente comme un livre de SF bourré de références et de théories scientifiques, notamment sur le voyage dans le temps, pour finalement nous emmener dans une réflexion sur des thèmes comme les relations familiales et plus particulièrement la relation père-fils, ou encore des notions comme le libre-arbitre, le déterminisme… Bref, ce Guide de Survie est un étonnant mélanges des genres.

Ce livre de Charles Yu raconte l’histoire de… Charles Yu. Le héros se présente donc comme une sorte d’avatar de l’auteur, et rien que ça, ça suffit à questionner. Je n’ai pu m’empêcher de me demander dans quelle mesure les thèmes traités étaient personnels pour l’auteur. Sans vraiment souhaiter obtenir de réponse à ce sujet, je trouve surtout intéressante la manière dont cela propose une autre approche du livre. Cela annonce d’ailleurs le côté “livre de SF mais pas que”.
En effet, l’idée de départ est la suivante : le héros est un réparateur de machine à voyager dans le temps, qui vit tout le temps dans sa capsule d’où il travaille, complétement coupé du monde, en compagnie d’Ed (son chien-qui-n’existe-pas-vraiment) et de TAMMY, l’IA dépressive pour laquelle il a un faible pas vraiment avoué. Mais voilà, il va soudain se retrouver bloqué dans une boucle temporelle où, pour citer la quatrième de couverture : ” dans moins d’une minute, mon moi du passé va essayer d’assassiner mon moi du présent, qui, dans le passé, a déjà essayé d’assassiner mon moi du présent, qui, en fait, à l’époque, était mon moi du futur, qui est en réalité mon moi actuel.” (Et oui, il s’agit d’histoire de voyages temporels, donc il ne fallait pas s’attendre à quelque chose de limpide au premier coup d’oeil)(ou alors je suis teubée fatiguée et je suis la seule que cette phrase a fait buguer lors de la première lecture).

Ma culture en littérature SF reste très limitée (passé Asimov, Huxley, Orwell & co, je suis perdue, en gros :D). Pour la SFFF, j’ai toujours eu tendance à me tourner plus vers le F de Fantasy plutôt que vers le F de Science-fiction. Si je suis quelqu’un qui adore la logique, je suis aussi cette personne dont le cerveau pédale carrément dans la semoule dès qu’on commence à parler de physique et de mathématiques. Donc tout ouvrage de fiction basés sur des théories scientifiques, aussi intéressantes qu’elle soit, a tendance à ne pas trop atterrir chez moi malheureusement (je vous assure, dans mes rêves, j’ai toujours été une as des maths – ok, et du rangement aussi -, mais il va falloir qu’un jour je me fasse à l’idée que ce ne sera jamais le cas :D).
Si j’ai choisi de lire ce roman, c’est donc bien que depuis le début je comptais sur tout l’aspect “problématiques familiales et personnelles” pour que ce Guide de Survie me parle. Très bonne nouvelle : cela a fonctionné, et plutôt deux fois qu’une. Je ne doute pas du fait que j’ai dû passer à côté de 1000 références, mais certaines restent tout à fait accessibles (coucou Starwars et Ursula K. Le Guin). Pour les connaisseurs amateurs de clin-d’oeil à d’autres oeuvres du genre, ce roman est une mine d’or je pense. ^^

Le roman réussit avec brio à mêler mélancolie et humour. On ne va pas se mentir, c’est l’un de mes mélanges préférés quand il s’agit de me faire aimer un livre. L’histoire de ce Charles Yu m’a arraché beaucoup de sourires, et provoqué autant de serrements au coeur. C’est drôle, et soudain ça prend à la gorge, parce que c’est triste mais c’est beau, ce qui est dit ; vous voyez ?

Il ne faut pas s’attendre à un roman d’action, loin de là. On est sur une ambiance très nostalgique, qui nous emmène dans le passé du héros, que l’on découvre petit à petit, et qui nous amène vers cette fin que j’ai adorée.

Je ne sais pas si le Guide de Survie saura pleinement satisfaire un grand amateur de SF, parce qu’il est loin d’être centré uniquement sur son aspect SF. Plus le livre avance, et plus cela devient flagrant. Il est une espèce d’hybride qui a su conserver mon intérêt de la première à la dernière page, même durant ses passages où j’étais un peu perdue dans ces histoires de paradoxes temporels. Il y a quelque chose de très attractif dans ce roman, qui fait que je n’ai jamais décroché. Alors, oui, si jamais vous avez l’occasion d’y jeter un œil, j’aurai largement tendance à vous y inviter. Pour ma part, je pense que je le relirai un jour, car il me fait l’effet d’un livre qu’il faut relire, et pour les habitués, vous savez que je ne dis pas souvent ça. 😀

2 Comments on “Guide de survie pour le voyageur du temps amateur – Charles Yu

  1. Olalala j’ai très envie de le découvrir mais en même temps, je suis siiii pénible avec les voyages dans le temps, je réfléchis trop jusqu’à trouver le truc qui déconne et après je râle parce que ça déconne >_<
    Du coup je suis quand même tentée, parce que tout comme toi, je suis plus dans le F de fantasy que de SF et que j'aimerai un peu plus découvrir ce genre, mais j'ai peur de faire ma reloue du voyage dans le temps T_T

    • J’avoue qu’en plus, celui-là a de quoi te faire te retourner le cerveau bien comme il faut. 😀 Mais franchement, si tu en as l’occasion, je recommande le coup d’oeil !

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