Home Sweet Home – Alice Zeniter et Antoine Philias

Home sweet home, c’est le livre dont je n’attendais pas grand-chose (entre mon habitude de ne jamais lire correctement les quatrièmes de couverture et la première de couverture du roman, je m’étais mis en tête que c’était du post-apocalyptique, et comme je n’aime pas énormément ça…) et qui s’est avéré être un texte sensible, qui a su me mettre une petite claque dans ma face de lectrice non-préparée. Tout simplement !



Cleveland, 2008. Lors de la crise des subprimes aux États-Unis, la ville de Cleveland (Ohio) est frappée de plein fouet. Anna, 17 ans, fuit sa famille en faillite et ses parents défaillants, avec ses frères jumeaux Chris et Bog. Direction Winston High, le lycée de la ville, abandonné. Ils seront peu à peu rejoints par d’autres jeunes livrés à eux-mêmes ou fugueurs, Oliver, Dean, Lily, Dalila, Bart. Puis Elijah qui trouve aussi refuge au sein de ce grand paquebot qui prend l’eau pour tenter de rester à la surface de cette ville qui sombre. À la tête de cette petite bande, Anna tente de maintenir le cap pour faire face au quotidien. Système D, débrouille, la bande s’organise pour survivre.

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Dès les premières pages, on sait que la petite bande dont on va faire la connaissance a été séparée, que leur mini-société de gamins abandonnés a été démantelée et qu’ils sont retournés à leurs vies d’avant. Je n’ai pas été très convaincue par ces premiers échanges entre Elijah et Anna, que j’ai lu assez distraitement. Puis le premier chapitre a commencé et, là, j’ai très vite accroché.

Je disais au début que je pensais à tort que Home Sweet Home était de la SF, et le plus drôle est que j’ai vraiment pu avoir la sensation de lire de la SF parfois. Cette ville désertée, effondrée, les gamins livrés à eux-mêmes… on n’était finalement pas si loin d’une ambiance à la Gone de Michael Grant. Le bouquin a une espèce de vibe SF, alors qu’il parle d’un événement réel qui a eu lieu il y a plus de 10 ans… je trouve ça assez fascinant 😀

Lorsque Elijah débarque au milieu de la petite bande, j’ai eu quelques difficultés à mémoriser qui était exactement qui, et j’ai un peu craint d’avoir affaire à beaucoup de personnages secondaires un peu négligés et “vides”. Finalement, au fur et à mesure que le jeune homme s’intégrait, j’ai fini par me repérer et entrer dans le fonctionnement de cette drôle de grande famille.
Je trouve assez intéressant le choix du personnage d’Elijah : 18 ans, il vient d’avoir son bac et était censé entrer à l’université, sauf qu’il a simplement décidé de… fuguer. Lui aussi n’a pas une situation familiale idéale, mais d’une manière très différente des autres : malgré les soucis relationnels avec ses parents, il a un avenir. Les autres le savent et le lui disent dès le début : lui, il a le choix, eux, cette vie en marge dans le lycée désaffecté, c’est le mieux auquel ils peuvent prétendre dans tous les cas et ça tient lieu de paradis pour la plupart d’entre eux. Malgré le manque de nourriture, de soins, de stabilité et de sécurité, cela reste pour eux la situation la plus bienveillante humainement qu’ils ont connu de toute leur vie.
J’ai beaucoup aimé suivre Elijah, la confrontation de son monde à celui de ces gamins qu’il rencontre. Cela ne rendait le tout que plus percutant (traduction : ça faisait du mal à mon petit cœur de fragile, qui voulait sauver ces pauvres gosses :D).

Divers narrateurs prennent la parole à tour de rôle : principalement Elijah et Anna, mais également certains autres jeunes de temps en temps. Ces parties-là m’ont un peu moins parlée, du moins certaines. J’aimais bien cette idée qui reflétait bien le côté très collectif de l’histoire, mais je trouvais que ça fonctionnait un poil moins bien qu’avec les deux héros, et surtout cela me perdait un peu par moment car j’oubliais qui était censé parler. Cependant, je reste très convaincue par le style des auteurs, qui réussissent terriblement bien à donner voix à leurs héros. Je suis souvent un peu mitigée concernant la manière dont certains auteurs de romans, jeunesse ou pas, font parler les adolescents : je reproche souvent un côté peu naturel et un poil forcé. Ici, je ne crois pas avoir ressenti une seule fois cela. Elijah, Anna et les autres parlaient, et moi, j’étais avec eux. C’était super. Point barre (ou point à la ligne)(ou tiret point virgule étoile dièse… tout ce que je vous voulez pour dire que je ne chipotais pas).

J’ai été émue, j’ai voulu ralentir ma lecture en voyant la fin arriver car je savais que je n’allais pas aimer ce qui allait se passer et que, dans tous les cas, je voulais juste rester un peu plus avec les personnages. J’ai été moyennement emballée par l’arrivée de certains personnages vers la moitié du roman, mais cela a fini par plutôt bien fonctionner… alors la fin s’est lue à grande vitesse, malgré tout ce que je sentais arriver et que je ne souhaitais pas vraiment lire. Le seul vrai reproche que je pourrais faire au livre serait le côté très frustrant de sa fin, qui m’a laissée avec l’impression que tout ça était vain. On sait depuis le début que l’on parle d’une cause perdue, mais j’avais tellement, tellement envie à la fin de lire quelque chose qui ouvrait sur la promesse d’autre chose, d’un avenir un peu différent pour chacun des héros. Le livre ne verse jamais dans le mélodrame, mais il ne m’a pas offert la petite pincée de bisounours à laquelle j’aspirais (oui bon ça va, vous n’avez pas un peu de bisounours dans le coeur vous aussi ? Histoire de survivre au vilain-monde-pas-beau-méchant où le chocolat risque d’avoir disparu d’ici 50 ans ? :D)

Enfin voilà, cette fin m’a vraiment rendue triste. C’est très enfantin et naïf dit comme ça, on dirait que j’ai 10 ans et que je viens de finir le tome 5 Harry Potter et de pleurer toutes les larmes de mon corps (ah pardon, ça marche encore aujourd’hui ça… j’ai juste toujours les émotions d’une enfant quand je lis :D). Si jamais il y a un tome 2, je suis preneuse. De suite. Immédiatement. Ou dans 5 ans. Je m’en fiche, mais je retrouverais volontiers ces personnages pour les suivre plus longtemps et savoir comment ils s’en sortent, ou pas. ^^

Bref, Home Sweet Home, c’était émouvant et fort, c’était drôle et déprimant… c’était tout simplement une très bonne lecture, que je recommande.

One Comment on “Home Sweet Home – Alice Zeniter et Antoine Philias

  1. Hé bien tu recommandes et je suis ton conseil ! Cette histoire me fait envie, malgré mon côté bisounours également, j’aime quand même bien quand ça finit bien!
    Merci pour ton article ! =)

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