Kitchen – Banana Yoshimoto

Kitchen (“cuisine”), écrit par une auteure appelée Banana, ça vous semble commencer comme l’une des (très) mauvaises blagues dont sont truffés nos articles sur le blog ? Rangez donc vos mauvais esprits, on n’est pas le premier avril, je n’oserais pas vous écrire un véritable-faux-article en février, quand même ! 

En plus, Kitchen est le livre que SALT a choisi de m’envoyer lors du swap que l’on a fait ensemble. Étant donné que SALT commence un peu à me connaître, et que l’on partage notre amour immodéré pour la nourriture, elle a très judicieusement choisi de m’offrir le livre dont nous allons parler aujourd’hui. Comme elle me l’a si bien dit “Je me disais qu’un livre où l’héroïne est apaisée par le ronronnement du réfrigérateur pouvait te plaire“.

Kitchen est un recueil comportant 2 nouvelles. Il parle de deuil, de reconstruction après la perte d’un être aimé, que ce soit sa grand-mère, sa mère, son petit-ami… Différents liens sont explorés, toujours autour de ce thème du “et après ?”. Comment fait-on pour vivre avec ça ?

Ah, ah ! On fait moins les malins maintenant ! Les cuisines écrites par une banane sont bien loin, hein !

Pardon. Je m’emporte. Mais cet étrange paradoxe entre le titre, le nom de l’auteure, une héroïne qui est rassurée par les réfrigérateurs – autant d’éléments qui pourraient être comiques – et le véritable thème du roman est assez fascinant 😀

L’écriture de Banana Yoshimoto est d’une grande délicatesse et poésie, sans que cela fasse forcé. Comme si elle écrivait joliment sans s’être dit “là, cette phrase va bien sonner”… Non, on est invités dans l’univers des personnages, et cette beauté de l’écriture est juste le reflet de ces personnages blessés en quête d’un nouvel équilibre, d’un nouveau souffle de vie.

Tout est si triste, tout pourrait être si dramatique mais, étrangement, on ne verse pas dans le pathos. L’auteure marche sur un fil dont elle ne tombe jamais. Ses personnages, tous si jeunes, semblent à la fois noyés dans leur peine tout en ayant une sorte de recul assez curieux. Ils réfléchissent à ce qui leur arrive, permettant ainsi au livre de mener une réflexion aussi touchante qu’intéressante sur le sujet.

Mais n’allez pas penser qu’il s’agit d’une dissertation sur “la mort de toute sa famille : comment y survivre” (ambiance bonjour :D). L’écriture de l’auteure, avec toute la sensibilité et la sensitivité qui la caractérise garde toujours le tout dans une espèce d’atmosphère proche du rêve.

On rencontre des personnages qui font à la fois très banals (les héroïnes donnent l’impression d’être de jeunes japonaises assez “lambda”, avec lesquels on peut facilement entrer en empathie) et atypiques. Et là, sans grande surprise pour ceux qui connaissent Kitchen, je pense évidemment à l’incroyable Eriko, transsexuelle aussi intrigante qu’émouvante (et géniale !).

Alors, oui, j’ai aimé Kitchen. (Même si je passe mon temps à vouloir écrire “kitechen”, et que son titre commence de plus en plus à m’agacer à cause de ça, une fois l’article fini je pourrai à nouveau l’aimer sans limite :D)

Mon seul regret vient d’un truc tout bête (vous allez voir, on est vraiment sur le top niveau de la critique :D) : nulle indication que Kitchen contenait en réalité 2 nouvelles, et cela m’a un peu gâché la fin de la première nouvelle car je pensais voir arriver la fin 40 pages plus tard. Je vous laisse imaginer ma tête “Ah. C’est fini ? Genre, vraiment ? Mais… mais… mais… j’étais pas prête :'((((((“.
J’ai donc moins savouré la fin de la première nouvelle, et j’ai dû relire les dernières pages pour mieux assimiler et apprécier. Donc voilà : soyez prévenus, ça se finit beaucoup trop tôt ! Je serais bien restée encore avec Mikage & co, même si la seconde nouvelle est tout aussi jolie.

Merci SALT ! 😉 Et lisez Kitchen, c’est trop bien Kitchen ! (je vous ai dit qu’on était sur des arguments et de la critique de compet’ dans cet article :D)

2 Comments on “Kitchen – Banana Yoshimoto

  1. Kitchen, je sais pas, mais j’ai lu NP de Banana Yoshimoto aussi, c’était assez sympathique.

    • Kitchen est le premier livre qu’elle a publié !
      NP, quel nom curieux, c’est intrigant 😀

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