La maison de cendres – Hope Cook

La maison de cendres, ça aurait pu être bien, voire très très bien – du moins, si l’on aime comme moi les ambiances de romans victoriens et de voyages dans le temps. Le côté maison hantée était parfait pour cette période halloweenesque, mais, clairement, le roman n’aura malheureusement pas réussi à me convaincre.

D’un côté, nous avons Mila. Jeune fille de 17 ans vivant au XIXème siècle, qui se retrouve à déménager loin de chez elle avec sa soeur et sa mère, afin d’aller vivre chez le nouveau mari de cette dernière. Déjà qu’elle trouvait quelque chose de louche à son tout nouveau beau-père, lorsqu’elle arrive dans la demeure de celui-ci, l’étrangeté des lieux n’a rien pour la rassurer, d’autant plus qu’elle va vite faire d’étranges découvertes. Et à partir de là, tout tourne au cauchemar.
De l’autre côté, Curtis, même âge, mais dont l’histoire se déroule de nos jours. Gérant difficilement (normal, ce n’est pas son rôle me ferez-vous habilement remarquer) son père souffrant de graves maladies mentales, le jeune homme attend avec impatience le jour de ses 18 ans afin de pouvoir obtenir la garde de sa petite soeur et commencer une meilleure vie. Mais un jour, il commence à entendre des voix dans sa tête : serait-il atteint par la même maladie que son père, ou s’agirait-il d’autre chose ?

Dès les premiers chapitres, une chose a été certaine : autant les parties avec Mila fonctionnaient très bien, autant celles avec Curtis ne parvenaient pas du tout à me convaincre.
Pour la partie où l’on suit la jeune fille, j’ai beaucoup aimé l’ambiance instaurée durant la première moitié du livre. L’autrice fait monter la tension durant le trajet jusqu’à Gravenhearst – la fameuse demeure – et la découverte des lieux a réussi à m’intriguer. Je me suis volontiers laissée porter par cette ambiance “maison hantée”, même si l’autrice avait tendance à un peu trop aimer répéter les mots “ténèbres”, “sombre” et tout autre qualificatif destiné à bien nous faire comprendre à quel point l’ambiance est glauque (et sombre)(et ténébreuse)(et enténébrée)(et noire). De manière générale, j’ai trouvé que le texte souffrait de pas mal de tics d’écritures (la lune est toujours une “fente”, même si l’adjectif qui suit varie), ainsi que de tournures de phrases maladroites – mais n’ayant pas lu le texte en vo, je ne peux savoir s’il s’agit du texte original ou de la traduction ?
Pour Mila, mon principal reproche est finalement qu’il n’y avait pas assez de texte qui lui était consacré. Je ne sais pas si les chapitres qui la suivent sont moins nombreux que ceux consacrés à Curtis, mais ils sont en tout cas moins longs. Le résultat est que son histoire semble au final assez “fragmentée”, et le découpage entre XIXème siècle et présent ne m’a pas paru toujours le plus propice à créer du suspense. Je ne sais pas, mais quand on alterne comme ça le point de vue, ce n’est pas l’occasion rêvée pour jouer aux auteurs sadiques et passer d’un personnage à l’autre aux moments les plus tendus ? Bref, la construction de l’intrigue ne m’a pas vraiment convaincue (j’y reviendrai d’ailleurs).

Du côté de Curtis, dès les premières lignes du premier chapitre le concernant, j’ai commencé à faire la grimace. Tout m’a paru tellement forcé le concernant : Curtis est torturé, Curtis souffre, Curtis part faire des trucs dangereux sur sa moto parce qu’il est extrêmement torturé (bis)… Pourtant, le personnage sorti d’un roman victorien est Mila.
Curtis est complétement seul, ou presque, et il veut le rester (parce qu’il est un héros). Alors abandonner son seul ami au beau milieu de nulle part, parce que celui-ci ne croit pas à ses histoires de bosquet qui parle, c’est d’accord. Battre jusqu’au sang ses camarades de lycée, c’est d’accord (parce qu’ils l’ont provoqué, que Curtis est seul au monde et qu’il ne doit faire confiance à personne). Curtis aime plus que tout au monde sa petite soeur, mais il ne l’écoute apparemment pas du tout lorsque celle-ci essaye de faire son coming out auprès de lui.
Bref, ce ne sont que des choses qu’il aurait été possible de faire passer si elles avaient été exprimées autrement : effectivement, Curtis n’est pas fou (même s’il aurait besoin d’aide pour gérer sa colère, probablement… enfin, d’aide et de soutien tout court), les lycéens n’ont pas eu un comportement approprié, et il a beaucoup de chose sur le dos pour un ado de 17 ans, penser à autre chose pendant que sa soeur lui parle, ça peut arriver… Sauf que la manière dont cela est écrit, l’accumulation de beaucoup, beaucoup d’éléments de ce genre font que je n’ai juste pas pu supporter le personnage.

Je vous disais que j’allais revenir sur l’intrigue et sa construction ? Nous y revoilà. Vous l’aurez compris, je n’ai jamais apprécié les parties sur Curtis, mais j’avais dit avoir apprécié la première moitié de celle de Mila. Oui, seulement la première moitié, malheureusement. Arrivé à la seconde, je me suis tout simplement demandée ce que l’autrice allait pouvoir raconter, car tout était allé si vite que j’avais l’impression qu’elle avait déjà exploité tout ce qui pouvait être intéressant. Et, effectivement, à partir de là, ça commencé selon moi à piétiner. Pire, ça a un peu été la dégringolade de Mila dans mon estime (boy, le nombre de fois où elle décide de répéter qu’elle est dorénavant “une diablesse”. D’accord, Mila, s’tu veux, hein, je ne vais pas contrarier une diablesse).
Et, malheureusement, les derniers chapitres virent pour moi au grand n’importe quoi (à partir du moment où la moto de Curtis, a.k.a “La Bête”, entre dans le game de la prise d’otage – ceux qui ont lu verront de quoi je veux parler -, j’ai définitivement lâché tout espoir d’avoir une fin qui me convaincrait). Pour couronner le tout, la toute fin m’a paru laisser énormément de choses irrésolues.

Pour résumer, La maison de cendres, ça aura été pour moi une très bonne lecture de 100 pages. Le seul problème étant que le livre en fait 400. Je ne peux donc pas vous dire que ce livre aura fonctionné sur moi. Dommage, car j’étais très enthousiaste à son sujet !

One Comment on “La maison de cendres – Hope Cook

  1. Aouch :/
    Non mais malheureusement on peut pas aimer tout ce qu’on lit… J’espère que ta prochaine lecture sera plus chouette ^^
    Dommage parce que les romans qui se passent à l’époque Victorienne, moi j’kiffe, mais là bon, ça fait pas trop rêver ^^

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