La Maison sur le Rivage – Daphné Du Maurier

Écrire cet article me brise le cœur. Pourquoi me fais-je autant de mal ? me demanderez-vous. Mais parce que je vous dois la vérité, rien de moins ! 😀 L’année dernière, mon article sur Ma Cousine Rachel s’était  transformé en déclaration d’amour où je vous disais (presque) que je comptais consacrer ma vie à Daphné du Maurier et son génie littéraire. En ce début 2018, je suis au regret de vous annoncer que l’un de ses livres m’a déçue. Beaucoup.

En Cornouailles, dans une très ancienne demeure, un homme cède à la tentation de vérifier les effets d’une nouvelle drogue mise au point par un savant réputé. C’est le début d’un long voyage, au cours duquel il va se retrouver plongé dans un passé vieux de plus de six siècles. Mais les troublantes scènes dont il va être le témoin invisible sont-elles pure illusion ? Les personnages qu’il croise ne sont-ils que des fantômes nés de son imagination ?

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Qu’on soit d’accord : je n’avais AUCUNE idée de ce dont allait parler La maison sur le rivage. Mon cerveau avait vaguement retenu les mots “Cornouailles” et “mystère”… Du Daphné du Maurier, quoi. Et j’en étais ravie. Je n’attendais qu’une seule chose : plonger dans ces ambiances si particulières qu’elle seule sait créer et me laisser prendre par la psychologie des personnages fascinants qui ne manqueraient pas d’être au rendez-vous…

Non, ils n’oseraient pas ne pas être au rendez-vous, n’est-ce pas ?

Eh bien si.

Pour du Daphné du Maurier, on a été sur la fascination très, très légère. La preuve : je n’arrive même plus à me souvenir du nom du héros (“quelque chose” Young, il me semble), alors que j’ai terminé le livre la semaine dernière.

Parlons du thème : en débutant, je me suis demandée si on n’allait pas plus pencher vers le fantastique que dans les autres romans de l’auteure que j’avais lus. Au final, pas vraiment. Mais justement, cette frontière si fine entre réalité et folie, qui est ce que j’adore chez Du Maurier, n’a ici pas bien fonctionné sur moi. Pire, je l’ai même trouvée très moyennement exploitée. Si ça avait été écrit par quelqu’un d’autre, peut-être aurais-je été très indulgente, mais là, j’avais juste envie d’écrire une lettre à Daphné pour lui demander ce qui lui était arrivé. “Chère Daphné, Qu’est-ce que c’est que ce bordayl ? Tu as rangé ton génie dans un tiroir ou…?”.

Pourtant, avec cette histoire de drogue, tout était là pour créer le doute et faire monter le suspense. Mais, mais, mais… Peut-être qu’un passionné d’Histoire serait plus intéressé que moi, mais les débuts des “voyages dans le temps” du héros m’ont juste complétement paumée. “Attends, Sir John c’est qui ? Le cousin par alliance de la sœur de la nana dont j’ai oublié le nom mais qui est une vraie connasse ?” *30 secondes plus tard* “Ok, ça doit être ça, mais je n’ai toujours pas compris ce que ça veut dire concrètement, si ce n’est qu’ils sont tous consanguins.”
En vérité, ça ne doit pas être si compliqué que ça, mais le récit peinait tellement à m’accrocher que j’ai fait preuve d’une mauvaise volonté assez balèze.

J’ai fini par me laisser porter par le récit et, très vite, je me suis aperçue que l’histoire d’Isolda & co (les personnages du passé) ne m’intéressait que très peu. J’ai trouvé leur psychologie très sommaire et, pour le dire franchement, je m’en battais un peu la race contrefichait de ce qui avait pu leur arriver.

Par contre, les événements de la “réalité” m’intéressaient bien plus. Notamment Magnus, l’ami scientifique du héros qui est à l’origine de la drogue, est celui qui s’approche de plus près des personnages “du maurien” comme je les aime. Il est mystérieux, impertinent et on ne le comprend jamais tout à fait sans pouvoir tout à fait s’empêcher d’essayer. Voilà, là on est sur du personnage intéressant ! 😀

Même l’ambiance et le cadre pâtissent du côté très historique, qui donne un côté plus froid et concret que dans les univers habituels de Du Maurier. J’ai souvent trouvé que ces informations faisaient parfois plaquées. Les pérégrinations du héros dans la région, à la recherches des différents sites et de ce qu’ils sont devenus depuis l’époque où l’emmène la drogue ne m’ont clairement pas beaucoup fait palpiter. L’ambiance gothique typique de Du Maurier n’est pas autant au rendez-vous qu’espéré, et j’ai moins été sensible au cadre médiéval des “voyages” du héros.

Je reconnais cependant que, plus on avance, plus le livre a réussi à me happer. Au fur et à mesure que le héros semble perdre le sens des réalités, La maison sur le rivage se faisait de plus en plus captivant, à jouer avec mes nerfs et à laisser s’infiltrer l’incertitude. A partir d’un certain événement très marquant, l’intrigue connaît un tournant et apparaît alors ce malaise qui fait redouter la suite autant qu’il suscite le besoin de la connaître.

La fin m’a plutôt convaincue, elle mêle surprise et incertitude, même si elle conserve un petit goût d’inachevé. Mais même ça, c’est presque ce que j’ai préféré.

Maintenant, il ne me reste plus qu’à manger beaucoup trop de chocolat pour oublier. Ou à lire très vite un nouveau Du Maurier, en espérant qu’il soit du niveau de ceux que j’avais lus précédemment. Allez, Daphné, je t’excuse, on ne peut pas être toujours au top, et puis ce roman aura sans doute été au goût de beaucoup d’autres lecteurs !

8 Comments on “La Maison sur le Rivage – Daphné Du Maurier

  1. Oh dommage 🙁 C’est avec ce roman que j’ai découvert l’autrice et j’en garde un bon souvenir. Même si j’ai parfois eu du mal à lier les personnages entre eux aussi ^^ Ce qui est sûr, c’est qu’avec ton avis tu me donnes très envie de lire d’autres romans de l’autrice !

    • Je me souviens très bien de ton article dessus, oui ! Je pense aussi que ma déception vient du fait qu’il s’agit d’un livre de Du Maurier, et que je n’y ai pas retrouvé ce que j’aime dans ses livres. Indépendamment de ça, je ne pense pas que le livre soit vraiment mauvais, cela ne m’étonne pas que tu aies pu l’apprécier 🙂

  2. Huhuhu, je crois que j’ai faim parce que j’ai bloqué sur ton “pâtissent” (rien ne va plus) x)
    Sinon, j’étais tellement sûre que tu allais dire du bien de ce roman en voyant le nom de l’autrice que je crois que j’ai été aussi déçue que toi :/
    Je note de peut être éviter ce roman là et de rester sur les valeurs sûres de Ma Cousine Rachel^^

    • Ahah, Plouf ! Faut pas te faire souffrir comme ça : quand tu as faim, mange ! :p
      Ma cousine Rachel et Rebecca restent ceux que je te recommande à 100% oui 🙂

  3. Ta chronique me fait penser à la biographie que Tatiana de Rosnay a écrite. On peut s’apercevoir que tout les livres écrits par Daphné du Maurier n’ont pas été accueilli par la critique aussi bien que Rebecca. Il y a quelques rares exceptions comme Ma cousine Rachel. On voit également que certains livres ont été écrit avec beaucoup d’inspirations, d’envie et d’autres beaucoup moins. J’ai envie aussi de lire ses romans et surtout ceux où elle y a mis beaucoup d’énergie mais j’ai aussi peur d’être déçu parce que vraiment j’ai adoré Rebecca.

    • Cela fait longtemps que je vois passer cette biographie, je me dis que je devrais peut-être y jeter un oeil car ce que tu me dis là est très intéressant ! Cela correspond pas mal à ce que je ressens en tant que lectrice de ses bouquins.
      J’avais aussi cette crainte après avoir adoré Rebecca, donc je comprends tout à fait. Le seul à ce jour que je peux te recommander est effectivement Ma cousine Rachel. Si jamais tu te lances et que tu en découvres d’autres qui te plaisent aussi, je prends volontiers les titres 🙂

  4. J’aime beaucoup Daphné Du Maurier aussi mais comme toi la maison sur le rivage m’avait moins plu. Je te conseille Rebecca ou Le bouc émissaire pour faire passer cette impression mitigée.

    • Rebecca est le premier que j’ai lu d’elle, il fait d’ailleurs partie de mes livres favoris ^^ Mais je suis ravie de tomber sur une lectrice de Du Maurier qui a globalement eu les mêmes ressentis de lecture que moi ! Je retiens Le bouc émissaire, merci du conseil 🙂

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