La vie rêvée de Noah Oakman – David Arnold

J’aime beaucoup les romans de David Arnold. Après Mosquitoland, Libres et affamés, ainsi que celui dont nous allons parler aujourd’hui, je commence à le considérer comme l’une de mes valeurs sûres question roman jeune adulte. Sans égaler Mosquitoland, qui reste mon petit préféré, La vie rêvée de Noah Oakman a su m’offrir la plupart des éléments que je préfère dans ce type d’histoire et peut-être surpasser Libres et affamés !

Mais de quoi ça parle, au juste, cette Vie rêvée ? Noah est en Terminale, tout le monde voudrait qu’il soit aussi passionné par la natation qu’il est bon dans cette discipline, (mais ce n’est absolument pas le cas), il est un fan absolu de David Bowie, et, surtout, il est perdu concernant ce qu’il va faire après le bac. Lors d’une fête à laquelle ses meilleurs amis l’ont traîné plus ou moins de force, un événement étrange se produit… et à partir de là, son quotidien va être bouleversé. Pas un bouleversement énorme et soudain, non, un changement par petites touches (quelle est cette cicatrice sur le visage de sa mère, soudainement apparue et dont personne ne veut parler ?), d’autant plus étranges que personnes ne semble s’en rendre compte excepté Noah.

Une nouvelle fois, David Arnold crée des personnages et une histoire très différents des précédents. C’est ce que j’aime avec lui : cette habilité à changer du tout au tout d’un roman à l’autre, tout en conservant ses thèmes de prédilection, sans que cela ne soit criant au premier abord. On se retrouve nouveau avec un adolescent, qui vit un moment charnière de sa vie et va apprendre à voir plus loin que les apparences. J’aime la manière dont D. Arnold fait toujours évoluer la vision que l’on a sur de mêmes éléments au cours du récit : le fait d’écrire à la première personne facilite ce procédé, où notre compréhension change dans le même temps où le héros apprend des choses, mais j’aime la subtilité avec laquelle cet auteur réussit à le faire. Cela accentue cette sensation de “grandir” en même temps que le personnage, et j’adore la manière dont cela rapproche avec les héros de ses romans. J’avais beaucoup aimé Mim dans Mosquitoland, Vic dans Libres et affamés, et j’ai également beaucoup accroché avec Noah. Peut-être même est-ce celui dont je me suis sentie le plus proche. En tout cas, Noah est profondément attachant.

Au sujet du rythme du roman, celui-ci est très lent. Durant la grande majorité, le temps paraît comme suspendu, et cela peut déplaire à certains lecteurs j’imagine. Pour ma part, à partir du moment où les personnages et l’ambiance avaient su me conquérir, je me suis volontiers laissée porter… tout en attendant de voir si les révélations finales étaient à la hauteur. En effet, tout du long, on se demande quelle est l’explication aux événements étranges dans la vie de Noah, et, ma foi, j’ai plutôt bien aimé la direction prise par l’auteur. Là aussi, il est parti dans des thèmes me plaisant particulièrement : les choses telles qu’elles sont, telles qu’elles auraient pu être, telles qu’elles seront, ou pas… l’importance des décisions que l’on prend à certains moments… Guère original dans le fond, mais plutôt original dans la forme adoptée par D. Arnold.

Beaucoup de moments émouvants, essentiellement grâce aux personnages : Penny – la petite sœur -, les jumeaux, Monsieur Elam… D. Arnold pourrait écrire de fausses biographies, je lirais ça volontiers tellement il raconte bien les vies de ses personnages. 😀

Une belle lecture de plus à ajouter à la liste de celles que m’ont offert les livres de cet auteur ! Et j’espère bien qu’il y en aura d’autres à l’avenir !

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