Les Dames du Lac – Marion Zimmer Bradley

Voilà des années que j’entends parler des Dames du lac. D’abord en bien (grand bien), puis des avis mitigés m’avaient refroidie. Le défi XIIème siècle avait relancé mon envie de lire cette duologie. Alors, au final, Les dames du lac : bonne surprise ou déception ?

Quand je dis que cela fait des années que j’entends parler de ces livres, j’entends par là une bonne dizaine d’année. Il y a environ 3 ans, j’avais trouvé des exemplaires d’occasion pour quelques centimes, mais cela correspondait au moment où des copines blogueuses l’avaient lu et avaient été déçues. Et ça a été ainsi à chaque fois que j’ai été tentée de les lire ces dernières années : à chaque fois, quelqu’un me disait juste à ce moment-là que “rhôô oui, c’est culte mais franchement ça m’a pas transcendé, il y a mieux à lire”. Bon.  Les exemplaires sont donc restés dans ma bibliothèques, consacrant leur temps à récolter toute la poussière disponible chez moi.

Super, merci pour le moment 3615 my life, mais au final, ça parle de quoi, Les dames du lac ?

C’est tout simplement une réécriture des aventures de oui-oui, mais durant la seconde guerre mondiale, bien sûr !
… ou peut-être qu’il s’agit d’une réécriture des légendes arthuriennes racontées du point de vue des femmes, en particulier Morgane la fée, mais aussi sa mère Ygerne, sa tante Viviane ainsi que Guenièvre.
(l’une de ces deux réponses est fausse, à vous de deviner laquelle)

L’histoire débute alors que Morgane est encore une petite fille, et c’est sa mère Ygerne qui tient lieu de personnage principal au tout début. Ygerne, fille de l’ancienne dame du lac et soeur de Viviane, la dame du lac actuelle, a été mariée au roi de Tintagel, qui est chrétien (vous me suivez ?). Tout le dilemme d’Ygerne, partagée entre ses origines (Avalon, royaume des druides et cultes païens) et le monde dans lequel elle doit maintenant évoluer (qui se christianise de plus en plus), plante d’office le thème principal des Dames du lac : croyances anciennes VS nouvelles croyances.

Chacune des femmes au coeur du récit prendra position. Morgane se placera vite du côté d’Avalon. Son lien avec Viviane se crée très tôt : très vite, on sait qu’elle se sent plus fille de la dame du lac que de sa mère Ygerne. Morgane sera donc, à la suite de Viviane, celle qui luttera pour que les anciennes croyances perdurent, même si cela signifie comploter et tirer les ficelles du pouvoir.
J’ai beaucoup aimé les personnages de Morgane et Viviane. Elles comptent sans aucun doute parmi mes préférés : la liberté que leur offre leur culte, qui est un culte matriarcal, en fait des femmes très actives, des femmes de pouvoir qui prennent des décisions, s’assument et occupent une part importante dans le déroulement des intrigues.
En comparaison, Guenièvre, – très chrétienne et représentant le “camp adverse” -, semble assez fade (dans le meilleur des cas) voire terriblement énervante (souvent, malheureusement). Guenièvre est jalouse, souvent injuste, fait la morale à chacun alors que sa conduite n’est pas forcément plus morale que la leur, a peur de tout. Et lorsqu’elle se réveille soudain pour faire preuve d’une peu de caractère et imposer ses décisions, c’est régulièrement pour faire appliquer les idées les plus absurdes qu’elle aurait pu trouver… On n’est donc pas sur le traitement le plus flatteur qu’on aurait pu faire de Guenièvre. Ce qui est sans doute un peu regrettable, car l’opposition Morgane/Guenièvre aurait peut-être été plus intéressante si le traitement offert à cette dernière avait été plus subtil ?

Résultat : dans mon coeur, c’était la victoire par K.O de Morgane et de la team Avalon.

Cela dit, ce n’est pas pour autant que j’ai toujours adhéré au comportement et aux actes de Morgane. Soyons honnêtes : dans le deuxième tome, elle déraille sérieusement à un moment, même si je n’ai pas pu rester complétement insensible face à tous les drames qui lui arrivaient.
D’ailleurs, de manière générale, le deuxième tome m’a beaucoup moins plu que le premier. Autant le premier a été un page-turner de l’extrême, autant le deuxième a plus longtemps traîné sur ma table de chevet. Comment expliquer cela ? Je résumerais ça par : de manière très subjective, je trouvais que tous les personnages déconnaient sévère et j’étais moyennement motivée à l’idée de rouvrir le livre quand je savais que j’allais les retrouver en train de monter des plans complétement WTF chacun dans leur coin pour que leur religion écrase l’autre.
Pourtant, c’était également ce qui se passait dans le premier, sauf que là, ça fonctionnait moins bien sur moi. Les intrigues me passionnaient moins, plusieurs de mes personnages favoris étaient morts. Bref, ça faisait trop.

On est donc sur un sentiment de lecture partagé : le tome 1 m’a complètement emportée, j’ai plongé avec plaisir dans cette période de grands changements pour la Grande Bretagne, j’ai aimé rencontrer les personnages et les voir grandir, assister à la créations de leurs liens et parfois à leur destruction et me dire que la morale de l’époque n’est décidément pas celle d’aujourd’hui. Enthousiasme qui est beaucoup redescendu lors de ma lecture du tome 2.

Je finirai quand même en saluant le personnage d’Arthur.

Il faut reconnaître que c’est celui qui m’a paru faire le moins de conneries le plus sympathique et avisé d’un bout à l’autre du bouquin. On nous le vend comme un roi sage, juste et courageux. Et bien écoutez, j’aurais tendance à être assez d’accord.

5 Comments on “Les Dames du Lac – Marion Zimmer Bradley

  1. Des gens ont pu ne pas aimer cette saga ? :O :O Je suis choquée :O C’est genre une de mes sagas préférées au monde derrière l’assassin royal, je trouve l’équilibre entre la réécriture et le respect du mythe original juste dément :O
    Sur Guenièvre son personnage est toujours difficile à décrire (tu as Guinevere, de Fetjaine, qui le fait plutôt bien, mais qui du coup s’éloigne un peu du mythe) car sa place est hautement symbolique : Guenièvre est souvent assimilé par les experts du mythe à la royauté que se dispute Arthur et Lancelot, personnifiée en femme. Au fond, ce n’est pas un réel personnage, ou tout du moins c’est un personnage très conventionnel (normal haha). Après oui, faut kiffer le sujet de base, la légende arthurienne c’est vraiment un truc où chacun s’écharpe, où ya de l’inceste, où tout le monde se tue joyeusement xD

    • Waah, devant L’Assassin Royal ? Cette saga a vraiment marqué ta vie de lectrice ! Pour ma part, Fitz reste indétrôné en tant que saga chère à mon coeur. ^^
      Merci énormément pour toutes ces informations sur Guenièvre en tout cas, c’est passionnant ! J’ai pas mal entendu parler de Fetjaine, mais pas de cet ouvrage-là. J’adorais la légende arthurienne étant jeune, mais j’en étais restée aux ouvrages de Chrétien de Troyes.

      • Non derrière l’assassin royal justement, faut pas déconner XD

        En tout cas je te conseille vivement Fetjaine, son regard sur la légende arthurienne est jvihfekhdùsvjv <3

  2. J’aime cette conclusion ^^
    Ces bouquins me tentent bien parce que j’aimerais beaucoup lire des trucs sur les légendes arthuriennes, mais je ne sais pas si c’est avec ceux-là que je devrais commencer !
    En tout cas, ton avis mitigé ne m’aide pas :p

    • Allez, on se la refait ensemble ? Un petit “Arthour” collectif ? Non ? 😀
      J’aime beaucoup cet univers, mais je ne suis pas une grande spécialiste, du coup je ne saurais pas te conseiller… Il va falloir étudier la question ! ^^

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