Les heures passées à contempler la mère – G.Larher & S.Vassant


Sandra Rebourg écrit. Elle n’arrive pas à se remettre de sa récente rupture avec son ex-compagnon, Lazare Desmeaux – qui est aussi le directeur de la maison d’édition qui la publie et pour laquelle elle a quitté son premier (et plus petit) éditeur.Alors qu’elle avait délaissé l’écriture dans l’espoir de devenir mère, elle reprend la plume pour accoucher du roman qui l’habite depuis toujours mais qu’elle n’avait pas eu le courage de s’attaquer jusqu’ici : Les Heures passées à contempler la Mère.
Un livre où elle dresse son portrait à travers celui de sa génitrice disparue.
Et pour cela, elle décide de prendre un pseudonyme pour ne pas avoir à faire avec son ex-mari d’éditeur.


Ce livre m’intriguais mais j’avais un peu peur que son côté mélancolique et nostalgique me déprime un peu. En fin de compte, s’il est effectivement mélancolique, il ne m’a pas du tout plombée, j’ai même eu plutôt du mal à entrer dans le récit.

On suit effectivement cette femme, (Cas)Sandra, au moment où elle se fait plaquer de manière pas du tout élégante (et même plutôt bâtarde) après 7 ans de relation. On la retrouve du coup un peu paumée dans sa vie, elle habite un appart qui ne lui appartient pas, dans lequel il y a un poster de son ex-copain éditeur (ce qui n’aide pas à passer à autre chose), et pas de cuisine … Ok. Elle rend visite à son frère en Normandie, papote avec sa meilleure amie à la piscine et au resto.

Jusque-là tout va bien, on retrouve un peu ce qui est décrit dans le résumé ci-dessus. Je dis «un peu» parce que ça ne m’a pas marquée qu’elle avait quitté son premier éditeur, ni qu’elle avait abandonné son roman pour devenir mère. Je ne dirai pas que ça n’apparaît pas dans le livre parce que c’est peut-être moi qui suis passée à côté, mais aucun souvenir … Que ce soit le cas ou pas, je trouve que c’est assez révélateur de mon ressenti au sujet (d’au moins la première partie) de la BD. J’ai trouvé que le récit s’attardait sur beaucoup de petits moments futiles du quotidien (ce qui est ce que j’attendais dans ce type de récit, pas de soucis), mais qu’ils ne s’agençaient pas vraiment pour dresser un portrait de la situation Sandra.

J’ai faillit laisser tomber ma lecture plusieurs fois, beaucoup de passages m’ont bien plu, m’ont plutôt émue, ou amusée, mais la plupart ne m’ont pas du tout accrochée.
Je ne suis pas entrée dans l’univers des personnages, je m’en suis trouvée très exclue. Je trouvais qu’ils parlaient tous de manière assez peu naturelle, je pense que c’est un parti pris, ce côté très « écrit » des dialogues, mais pour moi, trop de métaphore tue la métaphore ^^
Et les prénoms … Heureusement que l’héroïne a un nom plus classique parce qu’entre les Eve-Anne, Praline, Théophane et Rose-Beryl … Sérieux ? C’est pas « grave » en soi mais ça a contribué à me tenir à distance du récit.

Je me suis sentie plus investie dans la deuxième moitié du livre. J’ai eu l’impression que les différents éléments jusque là un peu isolés prenaient peut-être plus de sens. Je me suis sentie plus concernée par ce que traversait l’héroïne, même si certains éléments semblaient arriver un peu de nulle part (apparition de Théo ou Carmin par exemple).

Le parallèle entre la maternité et l’écriture d’une œuvre, entre la recherche d’elle même et l’identité de sa mère … tout ça m’a paru plus clair vers la fin du livre, comme si le début était plus brouillon … Alors est-ce vraiment le cas, ou est-ce moi qui n’avait pas bien saisit les nuances ? Il faudrait que je relise la BD pour le savoir, mais en tout cas, je suis bien contente de cette deuxième partie qui m’a permis de me réconcilier un peu avec le livre.

Pour moi ce fut donc une lecture en demie-teinte, je le regrette un peu. Les thématiques me parlaient bien mais j’ai eu trop de mal à vraiment me plonger dans au moins la moitié du livre, et je n’ai pas été assez sensible au style du scénariste, au rythme et à l’univers. Mais je ne doute pas que bon nombre de lecteurs sauront l’apprécier.

4 Comments on “Les heures passées à contempler la mère – G.Larher & S.Vassant

  1. Aarf c’est toujours un peu frustrant quand on passe un peu à côté d’un livre… Dommage :/ En tout cas les illustrations ont l’air chouette! Par contre je comprends pas trop le délire des prénoms x)

    • Oui, ce sont les illustrations qui m’ont données envie de lire le livre ! Très jolies, avec ce monochrome un peu turquoise ! 🙂
      Je ne sais pas pour les prénoms … est-ce que ce sont des vrais prénoms de proches des auteurs … c’est un peu alambiqué :p C’est bête mais ça m’a un peu bloquée x)

  2. Ce n’est pas toujours facile d’entrer dans l’univers d’un auteur. En tout cas tu arrives à bien faire passer pourquoi.

    • C’est l’essentiel ! je ne voulais vraiment pas donner l’impression de casser le livre sans raison, c’est un ressenti complétement subjectif pour le coup ! 🙂

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