Libres et affamés – David Arnold

L’année dernière, j’avais eu un petit coup de coeur pour Mosquitoland, le premier roman de David Arnold. Son personnage principal, l’ébouriffante Mim, avait mis en plein dans le mille de mon cœur. Hum, métaphores douteuses à part (retirez-moi ce clavier), résumons ça ainsi : ce roman avait su me toucher, et j’ai volontiers remis ça quand j’ai vu que Libres et affamés sortait cette année.

Une fois de plus, David Arnold nous balance dans le quotidien de personnages aussi décalés que bouleversants. Il y a Vic, qui a perdu son père et ne s’en remet pas, ce père qui était le seul à l’aider à supporter son quotidien d’ado atteint du syndrome de Moebius. Et puis il y a cette étrange famille à laquelle il va être intégré : les frères Baz et Nzuzi, Coco, une gamine de douze ans qui n’a pas sa langue dans sa poche, et Mad, Madeline, qui relit en boucle le même livre et se rase une partie des cheveux pour laisser apparaître les cicatrices de cet accident de voiture auquel elle a survécu, contrairement à ses parents.

Avec Libres et affamés, j’ai appris ce qu’était le syndrome de Moebius, j’ai découvert ce que c’est que d’être un “Super Cheval de Course” selon Vic et j’ai aussi eu envie d’en être un, de temps en temps. J’ai eu envie de lire Outsiders de S.E. Hinton, d’aller écouter Coming up roses d’Elliott Smith et le Duo des fleurs ; toutes ces choses importantes pour les personnages, auxquelles j’ai eu envie de m’intéresser comme je le ferais si c’était des amis qui m’avaient parlé de ces choses.

Car David Arnold excelle à ça : rendre extrêmement réels des personnages si atypiques qu’ils pourraient sembler très éloignés de nous et notre réalité.
Alors que c’est tout le contraire : tout sonne très juste, très fort et très vrai.

Une fois de plus, l’auteur manie parfaitement dureté et douceur. Après t’avoir mis une bonne claque avec un passage percutant, il n’oublie pas de t’offrir une scène hilarante ou attendrissante. Et toi, lecteur désorienté, t’as juste à dire merci monsieur 😀

Est-ce que j’ai autant aimé que Mosquitoland ? Non. J’ai trouvé la fin moins percutante, les révélations claquent moins et que ce qui était censé être un grand moment – comme le récit de Baz sur ce qui est arrivé à sa sœur -, ne faisait qu’expliciter quelque chose dont on se doutait très bien et donnait un sentiment de redondance. Donc la fin a un peu moins fonctionné sur moi, même si je l’ai lue avec plaisir et sans sauter de passages.

Il n’en reste que j’ai énormément aimé Libres et Affamés. Et que j’espère très fort que David Arnold est déjà en train de bosser sur un troisième roman.

2 Comments on “Libres et affamés – David Arnold

  1. Pour Outsiders, tu peux aussi tenter le film de Coppola (avec P. Swayze :p), la BO est très sympa. 😉 Par contre si tu as lu Fangirl de Rainbow Rowell, tu te l’es méchamment fait spoiler, mais bon.
    Et sinon tu m’as quand même drôlement donné envie de découvrir celui-ci, et je le note. Thanks, you !

    • Oui, les personnages de Libres et Affamés parlent aussi du film en plus. Celle qui en est fan veut faire au héros la coupe de cheveux d’un des personnages du film 😀
      C’est vrai, mais là de suite le contenu du spoiler ne me revient pas (en général j’essaye de censurer un peu ce genre de truc quand je le sens arriver en cours de lecture, ça a l’air d’avoir marché dans ce cas ^^), donc j’ai bon espoir que ça ne me revienne pas, ou suffisamment tard si je lis/vois Outsiders.
      Je te recommande quand même encore plus Mosquitoland, mais si déjà tu as envie de lire celui-ci, c’est chouette, je serais curieuse d’avoir ton avis dessus !

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