Moi ce que j’aime, c’est les monstres – Emil Farris

Autant vous prévenir immédiatement : cet article risque d’être une nouvelle groupie-zone parce que je ne crois pas avoir repéré de défaut à cette lecture, donc je risque de n’avoir pas grand chose d’autre à dire que des « Hiiiii » hystériques et des « ooohhhh » d’admiration. 😀

Pour resituer un peu le contexte, l’auteure, Emil Farris, s’est retrouvée paralysée entre autre de la main droite suite à une maladie et ne pouvait plus dessiner. Elle a commencé à réapprendre complétement à dessiner, en se scotchant un stylo à la main.

J’ai lu Moi, ce que j’aime, c’est les monstres pendant la période du Défi sur le thème des contraintes d’écriture, je profite de ce contexte pour écrire dessus, car si dans mon article du défi (à retrouver ici) les contraintes étaient choisies par les auteurs, là elle lui est imposée par les circonstances, car si elle semble avoir retrouvé sa mobilité, elle a gardé le style bille. On a donc plus de 400 pages entièrement au stylo bille, sous la forme d’un journal tenu par Karen, le personnage principal. Et c’est grandiose.

J’ai découvert l’existence de ce roman graphique peu avant sa sortie. Mon libraire BD, généralement timide, m’en a fait un super éloge, super long, détaillé, et me précisant que pour lui, ce n’était pas seulement la meilleure BD de l’année, c’était le meilleur livre de l’année ! Sachant qu’en plus j’ai quasi les mêmes goûts que ce libraire, ça n’a pu que piquer ma curiosité ! Pourtant, à la base, ce n’est pas le genre de dessins et d’histoire vers lesquels je me tourne en premier lieu, et son prix, bien que justifié par l’épaisseur de l’ouvrage, reste assez élevé (32€). J’avais beau en avoir très envie, je n’ai pas acheté Moi ce que j’aime c’est les monstres, j’ai attendu de l’emprunter à la bibliothèque.

Et là … le choc ! Je n’ai pas lâché le livre avant de l’avoir terminé, j’y ai passé la journée, le début de la nuit.

Karen est une gamine (mi loup-garou, mi-enquêteur 😉 ) de Chigaco, qui vit dans un quartier où la misère sociale est présente à chaque coin de rue … voire à chaque pallier d’immeuble ! Sa voisine du dessus est retrouvée morte, on conclut à un suicide, mais tout ne colle pas. Le livre est alors une recherche autour de cette voisine, qui était-elle pourquoi est-elle morte, qui dans son passé pourrait lui vouloir du mal … ce passé s’entremêle au présent de Karen et de ses proches : la maladie de sa mère, son frère qu’elle admire, son ex-meilleure amie avec qui elle partageait l’amour des monstres qui finit par se plier aux exigences sociales de ce qui est bon ou non pour une petite fille …


Ca fait beaucoup de sujets, et c’est un fait : Moi ce que j’aime, c’est les monstres est incroyablement riche, dense. Différents thèmes s’imbriquent : le nazisme, la pauvreté, la prostitution, l’homosexualité, les conventions sociales, les classes sociales …
Tout y est fluide, et au final, ce sont autant d’exemples pour démontrer une chose : les « monstres » ce ne sont pas forcément ceux qu’on pense : les vampires et loups-garous à grandes dents, les gueules cassées qui font peur. Et comme le dit le résumé : il est « plus facile, ici d’être un monstre que d’être une femme. »

Je ne vais pas vous mentir, c’est aussi très dur. Tous ces sujets sont vus à travers le regard de petite fille de Karen, donc présentés très simplement, mais c’est justement ce qui en fait toute la force. Je sentais l’émotion monter au fur et à mesure du récit, mais je n’avais même pas le temps de lâcher ma petite larme tellement je le dévorais ! ^^

Les dessins au stylo sont eux aussi incroyables, les portraits surtout, sont d’une intensité troublante. Je n’arrive même pas à concevoir comment Emil Farris a réussi à réaliser une telle œuvre aussi bien assemblée, aussi dense, et je ne sais même plus par quelle bout la prendre pour vous en dire plus ! ^^

Sur cette image, Anka me fait penser à Jain ^^

Je disais que je n’y voyais aucun défaut, j’attends quand même la suite pour être sûre à 100% de ça. Certains éléments de l’histoire ne sont pas complétement bouclés, mais comme il y a certaines choses qu’on est censé comprendre un peu en sous-texte en même temps que le personnage, j’attends de voir si c’est moi qui ai laissé échappé deux-trois trucs sur la fin de ma lecture (parce qu’il était bien tard, et que je ne pouvais pas relire la fin car je devais rendre la BD le lendemain à la bibli #teamprocrastination).
En tout cas, même comme ça, pour moi c’est un coup de cœur monstrueux ! 😀

One Comment on “Moi ce que j’aime, c’est les monstres – Emil Farris

  1. Depuis le temps qu’il m’intrigue celui là ! La couverture m’attire à chaque fois mais je n’avais jamais poussé la curiosité plus loin !
    Qui c’est qui va se faire plaisir la prochaine fois qu’elle ira en bibli ? =D
    En évitant de le lire au dernier moment (mais je suis team procrastination aussi ^^’)
    Des bisous !

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