Il suffit d'y croire – Laurence Ink

Il suffit d'y croire - Laurence Ink

Quatrième de couverture

Révoltes et moments de grâce, espérance et désespoir sont le lot de ceux qui changent de vie. Il en est ainsi de Laurence Ink, jeune Française partie au Canada chercher un ailleurs… Un dur apprentissage et une révélation… Aventurière des nouveaux mondes, Laurence chemine, au coeur des territoires du Grand Nord, avec passion, à la découverte de son être. Destin rebelle à la démesure des paysages traversés… immaculés et vastes lacs gelés, terres vierges illimitées, éblouissantes aurores boréales. Plus qu'un livre sur la nature, une authentique expérience intérieure… Une méditation sur l'identité et la solitude, un message d'espoir à tous les prisonniers de la grisaille !
 
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Il y a quelque chose de profondément spirituel dans ce livre, à mon sens. Mais de ces "spiritualités libres", simplement un partage des évènements qui jalonnent la vie et qui vous mène à croire à ce que vous croyez.
 
Laurence Ink, l'auteur de ce roman autobiographique, a toujours été une "rebelle", dans le sens où, malgré un chemin de vie apparemment déjà tracé, elle n'arrive pas à se faire à l'idée d'être une Parisienne, avec un boulot, une famille, les amis, les hobby le week-end… quelque chose en elle, là depuis toujours, ne peut se faire à cette vision de la vie.
Alors, elle se retrouve par divers concours de circonstances, à aller passer des vacances au Québec avec des amis qui connaissent quelqu'un vivant là-bas. Mais pas dans une ville, ou même un village, non, Claude vit dans le Bois, en plein territoire vierge de toute vie humaine.
 
Là, elle découvre une nouvelle vie, tellement plus difficile sans toutes les facilités de la vie urbaine, mais tellement plus épanouissante et "vraie" pour elle.
 
Elle finit par passer de plus en plus de temps à Nakane, l'ancien hameau de bucheron où vit Claude. Claude avec qui elle développe des sentiments amoureux, comme on peut s'en douter. Mais, loin d'entrer dans les détails, elle partage tout simplement ce qui fait d'eux un couple assez hors du commun (chose assez normale en fait, si l'on prend en compte les conditions dans lesquelles ils vivent là-bas), ce qui les pousse à appréhender leur relation autrement…
Obligée à cause de besoin purement pécuniraires, de retourner de temps à autre à la ville, on s'aperçoit combien la métamorphose du regard qu'elle pose sur tout est troublant, combien la vie dans le Bois l'a changée…
 
 
Personnellement, étant quelqu'un adorant l'hiver et les coins totalement perdus, je suis tombée amoureuse du cadre, et j'irai bien faire un tour au Canada dés que possible 😀 . Après, même si Laurence Ink amène ici des idées très personnelles, je me suis sentie totalement libre d'adérer à certaines, et de ne pas adhérer à d'autres. Et ça, c'était franchement agréable. J'ai également l'autre livre qu'elle a écrit, qui est cette fois-ci un roman, et je le lirai très prochainement, c'est certain. Si les descriptions peuvent paraître longues, j'ai vraiment apprécié : le style de l'auteure est vraiment magnifique, contemplatif… après, c'est sûr qu'il faut aimer…
 
Au rythme de sublimes descriptions et de réflexions sur sa vie,
ses doutes, ses découvertes, on découvre une façon de vivre totalement autre, que j'ai trouvé tout bonnement fascinante. Une ode à la vie, à la simplicité, à l'art de profiter de chaque instant. On s'aperçoit que, techniquement, nous pouvons vivre avec très peu de choses, il suffit de le vouloir, il suffit d'y croire, en fait…
 

Dans l'après-midi, j'allais marche dans la neige fraîche, au milieu des arbres tout emmitouflés de blanc, comme brossés à large traits, découpés par un épais pinceau. Les pas restaient silencieux, la vie étouffée sous la molle blancheur, et au milieu du désert blanc s’inscrivait la solitude de mes traces.

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Le Combat d'Hiver – Jean-Claude Mourlevat

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Quatre adolescents, évadés de leur orphelinat-prison, reprennent la lutte perdue par leurs parents quinze ans plus tôt. Leur combat, hymne grandiose au courage et à la liberté, semble désespéré.
Et pourtant…
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
A vrai dire, je ne sais plus vraiment pourquoi j’ai acheté ce livre à la base : parce que l’annonce sa sortie en poche avait attirée mon attention ? Parce que ça faisait un moment que je voulais découvrir cet auteur ?
Car je dois bien l’avouer : le thème, comme ça, ne m’attirait pas vraiment…
  
Helen. Milena. Bartoloméo. Milos.
  
Quatre adolescents de dix-sept ans.
  
Pensionnaire d’un orphelinat aux règles à faire pâlir les plus grands dictateurs ayant jamais existés.
Les filles dans l’orphelinat pour les filles. Les garçons dans celui des garçons. La mixité ? Sûrement pas !
Enfermé quasiment en permanence, il ne peuvent sortir que de très rares fois dans l’année pour aller visiter leurs “Consoleuses”, des femmes vivants à l’écart de la ville, sur une coline, où elles attendent la visite de leurs petits protégés, tâchant à chaque fois de leur apporter un peu de joie dans leur triste vie.
 
Jusqu’au jour où se rendant chez la consoleur d’Helen, elle et Milena rencontre les deux garçons. Bartoloméo sera de suite charmé par la belle et blonde Milena, Milos aimera la simplicité d’Helen. Il se quitte sur la promesse de s’érire et de se revoir.
Mais, après sa visite chez Paula, sa consoleuse, Helen ne trouvera pas son amie là où elle était sensée l’attendre. Et pour cause, elle ne reviendra pas : elle a décidé de partir, avec Bartoloméo.
 
A partir de là, tout le monde d’Helen s’effondre
 
Des tas et des tas de révélations vont lui être faite, des révélations qui vont la mener, elle, et ses trois amis, à mener une révolution.
 
Je ne sais pas trop quoi penser de ce livre. J’ai aimé, c’est certain. J’ai été touchée par les très beaux passages que contient ce livre, car de beaux passages il y en a, des magnifiques… des passages déchirants, aussi.
 
Helen est un très beau personnage. C’est la seule des quatre qui n’ait aucune spécificité en fait. Ce qui l’a rend plus proche de chacun, je trouve. Elle est forte, mais quand elle a peur, elle le sait et le dit. J’aime ce genre de personnage, vraiment et je suis contente que ce soit elle dont on parle le plus.
Milena, la jeune femme à la voix et aux cheveux d’or… je l’ai bien aimé. Mais… elle n’a pas réussi à me toucher. J’ai aimé son histoire, ce qui concerne sa mère, les passages consacrés à la musique… mais c’est plus ce qui l’entoure que ce qu’elle est vraiment qui m’a touchée.
Bartoloméo est sans aucun doute celui qui m’a le moins plu. Le côté “meneur” qu’on voulait lui donner auprès des Hommes-chevaux ne m’a pas convaincue…
Milos est le personnage qui m’a le plus plu, je crois moins. J’ai été émue par lui. Sa simplicité, son côté presque “primaire” comme il le dit. Son histoire avec Helen…
Je trouve injuste ce qui lui arrive… je ne peux pas m’
empêcher de penser que ça aurait pu se passer autrement. S’il en avait été autrement, je crois que le livre aurait été un coup de coeur, mais là, ma déception le concernant gâche un peu mon enthousiasme…
 
De belles idées… les consoleuses, les hommes-chevaux, le Ciel sont des idées m’étant totalement inédites que j’ai adoré comme pas possible !
 
Je ne suis pas fin des happy end, parce que rien n’est totalement joyeux, ni totalement triste dans la vie, je crois, mais, si la fin “en général”, m’a plu, mais concernant les personnages, de manière individuelle, quelque chose de chiffonne. Quelque chose me manque…
 
C’est le genre de livre qui surprend, qui peut vous mettre une claque. Peut-être pas aussi forte que ce à quoi je m’attendais, mais une très belle surprise tout de même.
Des phrases chocs et des personnages tellement vrais… 
Un très beau livre, une ode à la liberté, à l’art, à la beauté, à la Vie, tout court, en fait…
 
“Dans mon panier,
Dans mon panier, il n’y a pas de cerises,
Mon Prince…
Il n’y a pas de mouchoirs,
Pas de mouchoirs brodés,
Ni de perles, non.
Non, plus de peine et chagrins, mon amour,
Plus de peine et chagrin…”
 

Jane Austen à Scargrave Manor – Stephanie Barron

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Isobel Payne, comme beaucoup de jeunes filles désargentées de son époque, a fait un mariage de raison avec le vieux lord Scargrave. En un jour elle voit disparaître ses ennuis financiers mais aussi ses rêves d’amour romantique. Jusqu’à ce qu’elle fasse la connaissance du charmant neveu de son mari. Mais voilà que lord Scargrave meurt brutalement, laissant la jeune femme dans une situation délicate. Avec une si jeune et jolie veuve, les méchantes langues ont vite fait de se déchaîner. Jane Austen viendra au secours de son amie Isobel mais aura fort à faire pour éviter le scandale et la protéger des médisants qui jugent la mort du lord un peu trop opportune…

 

 

 

 

 

 

 

 

La partie que je craignais le plus dans le Challenge Austenien était bel et bien celle-ci : la paralittérature.

De plus, la seule oeuvre qui me tentait vraiment était difficilement trouvable : allez savoir pourquoi, le premier tome de cette série n’était pas disponible alors que tous les suivants, oui !

Alors, lorsque j’ai vu que “Jane Austen à Scargrave Manor” était en stock, j’ai profité de ma commande de livre du moment pour sauter sur l’occasion, et avancer dans le Challenge (Alice, je crois bien que tu m’as convertie : j’en arrive à me demander, à chaque achat de livre, ce que je pourrais acquérir qui est dans la veine Austenienne :D)

 

 

Je vais être très franche : soit je prends le parti de la raison, de la logique pure et dure , et je me mets à clamer haut et fort : Namého ! Ca, Jane Austen ? Ca, essai de copiage, de pâle immitation du genre de cette écrivain que j’aime vraiment, oui ! Ca respire la tentative d’imiter le genre de l’auteure !

 

Soit… j’avoue que j’ai trouvé cette lecture délicieuse si je passe outre tout cela, et me concentre sur le travail manifeste de l’auteur pour restituer l’ambiance de l’époque et fournir une intrigue tout à fait honorable et sympathique !

 

 

Stephanie Barron fait ici comme si elle avait découvert un ancien journal de J.A contant sa première aventure policière :

 

Jane, invitée par une de ses plus chères amies, Isobel, nouvellement Comtesse de Scargrave, à l’occasion du bal donné en son honneur par son mari, le Comte. Tous deux reviennent de leur voyage de noce, et, malgré leur grande différence d’âge, leur bonheur s’annonce long. Mais, au cours de la soirée le Comte est pris d’une crise de dyspepsie et meurt à l’aube après des heures de souffrance. Très vite, Jane soupçonne que la mort est loin d’avoir été accidentelle et, peu, à peu, les habitants de Scargrave Manor se retrouvent obligés de révéler leurs secrets… Que ce soit Lord Trowbridge, individu lui étant antipathique, souhaitant racheter à Isobel des terres lui appartenant; les neveux de feu le Comte Scargrave, respectivement lieutenant et aspirant éclésiastique; la tante d’Isobel, Hortense, ainsi que sa fille, la coquette mais stupide Fanny; ou même Fitzroy, héritier au titre de comte, mais également amoureux secret d’Isobel…

 

Mes deux opinions se sont battues tout du long de ma lecture, et ça a fini par donner quelque chose comme : on sent tellement que l’auteure, Stephanie Barron aime Jane Austen,  s’amuse à jouer le jeu en faisant comme si cette histoire était vraiment extraite d’un journal de Jane Austen qu’elle aurait découvert que, malgré le style n’arrivant pas à égaler le maître, il en devient un joli hommage, à mon sens.

J’ai apprécié certains personnages, comme… celui de Trowbridge ! Oui, celui est sensé être tout sauf sympathique, m’a plus dans le sens où il permet de développer le personnage de Jane, c’est comme une perche tendue donnant lieu à des échanges assez caustiques comme je les aime, s’approchant plus de mon idée de la vraie J.A.

J’ai eu du mal à différencier George de Payne parfois, car j’ai trouvé les caractères de ces personnages un peu semblable, et cela m’a assez contrariée.

Bon… par contre, Tom m’a bien plu, l’officier un peu débauché offrait un autre souffle au roman, mais de là à imaginer J.A. fricotter en sa compagnie dans un rayon de lune, plus la lettre qu’il lui laisse… ça aurait été mignon si ça n’avait pas été sensé être Jane Austen ! (Si l’on en est aux confidences, j’avoue que je la vois plus avec Trowbridge. Mais je m’égare, il faut me pardonner je me suis laissée emporter :D).

 

Une petite lecture, qui sans être mémorable, est une sympathique lecture de vacances. Je lirai les tomes suivants avec plaisir dans une optique détente ! (… en espèrant retrouver certains personnages que j’ai apprécié ici :))

 

 

 

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Article du Dimanche n°1- Les genres littéraires

Il y a quelques jours, je me suis interrogée sur les différents genres littéraires : pourquoi en préférais-je certains ? qu’est-ce qui me plaisais dans ceux-ci ?

 

C‘est amusant de voir comme chacun de ces genres repose sur des bases, des codes, différents : pourquoi la fantasy est-elle souvent écrite dans un style plus soutenu que la bit-lit, par exemple ? Peut-être parce que, pour écrire de la fantasy, un minimum de savoir est requit en raison de l’époque assez moyenâgeuse dans laquelle se déroule presque toujours l’intrigue ? alors que la bit-lit se déroule dans un monde souvent moderne, et répond donc aux codes actuels, les personnages parlent de manière familière, dans notre monde à nous.

J‘aime le côté totalement dépaysant de la fantasy, ce côté désuet d’un monde à mi-chemin entre le moyen-âge et les contes de mon enfance avec souvent des personnages animés par principes tel que le sens de l’honneur et le dévouement total.

 

La littérature de Jane Austen ou des soeurs Brontë me plait aussi pour des raisons très différentes et pourtant assez sembables : ça se déroule dans une époque révolue, quelque chose que je ne connais qu’à travers des écrits/témoignages et qui font pourtant rêver, cette manière de parler qui paraitrait grotesque aujourd’hui mais qui parait si belle et raffiné à cette époque, les mentalités si différentes répondant à des règles de bienséance pratiquement à l’opposé des nôtres… et les vêtements, également, je dois l’avouer. Je suis une fille, je trouve donc cela assez logique, mais il est vrai que, depuis toujours, robes à la mode Empire ou moyenâgeuses me font rêver, tout comme l’idée d’une balade dans le parc d’une riche propriété aux côtés d’un monsieur Darcy.

 

Oui, cela me fait décidément plus rêver que… que de rencontrer un Barrons ou un Shane, par exemple ! C’est étrange, j’aime bien ces personnages, mais je suis plus encline à imaginer un Mr. Darcy, il y a quelques centaines d’années de cela, qu’un de ces deux personnages actuellement ! Ils seraient agréables à regarder, sans nul doute, mais j’aurais tellement plus de plaisir à converser avec quelqu’un de l’époque de Jane Austen.

 

Goût très personnel, que certaines personnes de ma connaissance partagent, alors que d’autres se situe à l’extrême opposée. C’est assez magique de constater combien aujourd’hui les mentalités sont variées !

 

Il y a aussi le genre “littérature contemporaine”, écrite aujourd’hui, se déroulant aujourd’hui, sans trace de fantastique. Je n’en lisais pas énormément, sans doute parce que j’y trouvais une espèce de “fatalisme” me renvoyant en pleine face ma vie quotidienne Mais je commence à voir cela autrement, et à apprécier. Par exemple, la Chick-lit pour adolescente telle qu’un Sarah Dessen : j’ai été surprise de reconnaître dans Auden, de voir qu’on pouvait envisager ces choses du quotidien autrement ! Ce fut une sorte de réconfort, un truc qui m’a fait me sentir “moins seule” presque. Oui, c’est couru d’avance, mais certaines petites phrases clefs, certaines idées font que ce n’est pas ça qui a été important, mais plus la manière dont s’était dit.

Ce n’est pas aussi poétique et subtile qu’un J.A., mais un reflet de mon présent comme “O&P” ou “Persuasion” en sont un de son époque, fait d’une manière délicate, moderne et pourtant tellement sympathique et porteur d’idées.

 

C‘est agréable de vivre à une époque où tant de genres se croisent, à mi-chemins entre le passé de J.A. , cette part de magie de la Fantasy à laquelle on croit tous plus ou moins étant enfant, et le présent où la mode est au langage plutôt direct, à la technologie. Cela offre tant de possibilités, et, personnellement, j’aime ça…