Au coeur de nos forêts – Rachel Burlington

Promenons-nous dans les bois, pendant que le loup n’y est pas !


Avec l’arrivée de l’automne, c’est le retour des envies de plaid pilou-pilou, de gratins de potimarron, de caressages de renards et de balades en forêt ! Sauf qu’en ce moment je suis tellement claquée et prise en otage par mon lit dès que je rentre du boulot que je n’ai même pas le courage d’écrire des articles de me promener dans les bois ! Heureusement, Au cœur de nos forêts est là pour m’emmener en promenade quand même !
Ce livre, tout en belles couleurs et en pages ajourées propose une super balade pour petits et grands. De page en page, on rencontre les animaux de la forêt, on évolue du printemps à l’hiver, du jour à la nuit, un vrai petit périple bucolique!
Avec ses couleurs vives, ce livre m’a un peu fait penser à mon album-doudou : Doux Rêveurs. Et comme ce dernier, on découvre différents animaux dans leur habitat naturel, la forêt, avant de retrouver les promeneurs.

Avant de le lire véritablement, j’ai d’abord feuilleté ce livre : impossible pour moi d’attendre plus longtemps pour découvrir chacun de ces magnifiques dessins ! Je n’ai été capable que de pousser des “Oooooh!!! ” et des “waaaaah!!! ” (Et, je l’avoue, de passer mes mains dans les trous parce que j’ai un peu 3 ans en vrai :D)

Chaque page fourmille de détails, à chaque fois que je les regarde de nouveau, je découvre un mulot ou un lièvre qui m’avait échappé ! Ajoutez à ça les découpes qui créent une vraie profondeur et qui donnent vraiment envie de s’enfoncer sur ce sentier : en fait, il ne manque que l’odeur des sous-bois et le son des feuilles qui craquent sous les pieds, l’immersion serait totale !


Ma relecture avec le texte n’a pas apporté grand chose à mon expérience. Le texte n’est pas forcément ce qui m’a le plus marquée dans le livre. Je peux même dire qu’en y rejetant un œil pour écrire cet article, j’ai du mal à me concentrer sur le texte tant les images attirent mon regard ^^

Malgré tout, je l’ai trouvé bien équilibré, il m’a semblé guider la promenade dans l’album. En le lisant avec les plus jeunes, je pense qu’on peut s’amuser à retrouver dans l’image les éléments cités dans le texte. Et, chose que j’apprécie particulièrement : tout en poésie, le livre a de quoi enrichir le vocabulaire des plus jeunes. « Futaie », « peu enclin », « transis de froid » … Des mots que les jeunes lecteurs ne connaîtront pas forcément, mais qui restent faciles à expliquer pour l’adulte – en gros on ne nous parle de “futaie”, ok, mais pas non plus de Lampyris noctiluca 😀

Enfin si, mais nommé comme « une nuée de lucioles », parce que je me devais bien de faire une petite apparition-caméo à la fin du livre pour combler mon absence sur le blog :p

Concluons, avant de partir pour de bon avec la nuée de lucioles. Cette lecture fut une très jolie découverte toute en douceur, qui sensibilise au cycle des saisons, mais aussi à la formidable biodiversité de la forêt !

A mon avis : à lire en boucle et à faire suivre d’une jolie balade en famille ou en amoureux dans les bois ! 😉

Boo – Neil Smith

Boo, c’est probablement l’un des livres les plus imprévisibles que j’ai lus cette année. Vous savez, ce genre de livre qui vous fait dire “ok, là, j’ai vraiment l’impression de lire un truc unique”, tellement le bouquin ne vous en rappelle aucun autre ? Comme toujours, cela dépend de nos références, je suppose que Boo évoquera d’autres œuvres à certains lecteurs, mais pour ma part, je ressors de cette lecture avec l’impression d’être tombée sur un très bon petit ovni.

Boo, c’est une histoire un peu improbable, narrée par un héros encore plus improbable. Oliver, dit “Boo”, est un adolescent de 13 ans… qui vient tout juste de mourir, assassiné dans les couloirs de son collège. Arrivé au paradis, il décide d’écrire à ses parents une grande lettre, où il leur raconte tout ce qui se passe pour lui dans cette curieuse vie après la mort. D’autant plus qu’il est bientôt rejoint par Johnny, un ancien camarade de classe, également victime du dénommé “Gunboy”. En effet, l’identité de leur assassin demeure encore un mystère, et le plus inquiétant est que, d’après Johnny, celui-ci se trouverait aussi au paradis.

Dès le début, j’ai aimé Boo, cet adolescent passionné des sciences, qui a une manière tellement rationnelle de raconter les choses, sans pour autant que cela ne coupe toute émotion au récit. C’est un peu ça, la magie de ce livre : il traite de sujets dramatiques, pourtant, la narration fait que rien ne tombe dans le mélodrame, jamais. Boo et tous les amis qu’il se fait au paradis sont décédés à l’âge de 13 ans, dans des circonstances terribles pour la plupart. Pourtant, le ton employé par Boo, très factuel et analytique, évite tout pathos. C’est d’ailleurs ce qui fait que les révélations finales s’avèrent si poignantes pour moi, tant on en arrive à ne pas attendre du livre qu’il nous prenne autant à la gorge ainsi.
Petit à petit, on voit Boo évoluer, passer de cet adolescent qui ne vit que pour ses expériences scientifiques, très seul mais ne s’en plaint pas, à un jeune homme qui apprend à se lier aux autres et à communiquer. Il faut le dire : moi qui trouvais que je n’assurais pas toujours niveau sociabilité (ma définition du bonheur quotidien commence plutôt par : “mon plaid, mon chat, mon ordi et mes livres au fin fond de la cambrousse” que par “voir des gens” :D), en comparaison de Boo, je suis championne toutes catégories niveau sociabilité. J’imagine que le personnage peut paraître un peu too much à certains, je pourrais le comprendre, même si je ne l’ai pas du tout senti ainsi. Boo a vite gagné toute mon affection, avec sa manière de raisonner peu commune, ses tentatives de blagues (toujours) ratées, ses réponses qui se veulent bienveillantes mais manquent (toujours) terriblement de tact tellement il réfléchit d’un point de vue logique et semble coupé de ses émotions.

Il faut également parler de l’intrigue. Celle-ci est assez fascinante, car j’ai rarement aussi peu compris où un bouquin jeunesse voulait m’emmener. Certains codes étaient bien présents, notamment au niveau de l’évolution de Boo, mais la construction du livre est si particulière que je ne parvenais jamais à anticiper où le livre allait nous emmener et surtout comment il allait nous y emmener. Au final, Boo traite de sujets que l’on retrouve souvent dans les romans jeunesse, mais il le fait d’une manière tellement particulière que j’ai comme eu l’impression de les voir traités pour la première fois. Le livre a un rythme étonnamment lent, mais qui ne m’a pourtant jamais vraiment laissé le temps de m’ennuyer. On suit la longue lettre de Boo à ses parents, découvrant la famille qu’ils étaient, une famille atypique mais unie ; on apprend également à connaître Boo de son vivant, quelle pouvait être la vie d’un garçon si particulier. J’ai trouvé le livre très subtil dans la manière dont il est construit : que ce soit au niveau des indices disséminés concernant le dénouement, ou par rapport à l’évolution des personnages.

Un dernier mot pour parler de l’univers créé, qui est assez improbable. J’ai été très déstabilisée au début par cette vision assez unique du paradis. L’auteur présente un monde régit par des règles assez inattendues, parfois même un poil loufoques. Le tout a un petit parfum d’absurde, et le personnage de Boo est d’autant plus intéressant à mettre dans un tel univers. Avec son habitude d’essayer de tout expliquer, de découvrir les lois qui régissent le monde, la présentation du fonctionnement de ce paradis passe de manière assez naturelle.

Comme pour tout livre qu’on a énormément aimé, je trouve qu’il est difficile de terminer un article. J’ai encore ce sentiment de ce pas avoir rendu justice au livre, de ne pas avoir parlé d’assez d’éléments (mais d’un autre côté il ne faut pas spoiler)(mais haaaaaa, cette fin est si émouvante)(mais le spoiler c’est mal). Enfin bref, en ce moment, je ne lis pas énormément, mais je ne fais que des bonnes découvertes et Boo ne fait pas partie des moindres – Deedr va devenir Bisounousland “le blog où on aime tout ce qu’on lit” (je vais proposer à la Luciole qu’on prenne ça comme slogan).

WANTED : avez-vous vu la Luciole ?

Salut ! Moi, c’est Lucille, j’écris par ici sous le nom de la Luciole au sujet de BD, albums, adaptations ciné …

Eh ouais, ça fait tellement longtemps que je n’ai pas pointé mon nez par ici que je me suis sentie obligée de me re-présenter au cas où vous m’auriez oubliée 😀

J’aimerai vous dire comme les autres fois où j’ai pu m’absenter momentanément que je vais me ressaisir et revenir sous les chapeaux de roue, mais cette fois, ce serait une promesse que je ne serai pas sûre de tenir !

La première des raisons, c’est qu’après plus d’un an de boulot en freelance à la maison, j’ai repris depuis début août un emploi de graphiste salarié à temps plein (dans lequel j’ai même le droit de faire de l’aquarelle <3), avec deux heures de route par jour. Je suis super contente d’avoir décroché ce poste qui a l’air d’être fait sur mesure pour moi 😀 mais du coup forcément, je ne peux plus organiser comme je veux mes horaires.
Soit, ce n’est qu’un nouveau rythme à trouver et je pourrai aisément y arriver, mais aussi, et surtout, …
je suis en train de fabriquer un nouveau chroniqueur de Deedr, une mini-crevette qui nous rejoindra au mois de mars !

Ça a beau être une nouvelle très cool, il n’est pas encore là qu’il me puise toute mon énergie, je suis littéralement épuisée 😀 J’attends juste une chose c’est de sortir enfin des nausées et vomissements qui durent un peu plus que les trois premiers mois traditionnels (en prenant sur moi pour ne pas tarter tous ceux qui me disent que la grossesse est un moment magique et de plénitude ! :p) (oui parce que ça me rend irritable et peu patiente aussi, que du bonheur :D).

Un gros chamboulement pour moi, et l’annonce pour vous de voir un peu plus d’articles albums jeunesse sur le blog ^^ Le prochain arrive d’ailleurs ce week-end, pour vous prouver que je ne vous abandonne pas ! Il s’agira d’un livre-balade en forêt pour profiter du début de l’automne ! Puis suivra un album pour petits sur la lumière et les couleurs (ma passion in the life :p !) ainsi qu’une BD qui nous emmènera dans les rues de Paris.

Plein d’articles en projet donc, mais je vais pour le moment ralentir un peu le rythme sur Deedr, et faire un peu selon ce que la fatigue et la mini-crevette * m’imposent 😉

* Si on y réfléchit bien, une luciole ce n'est qu'une crevette non-aquatique qui fait de la lumière … il y a donc une logique dans tout ça, si, si !

Florent (Le goût du bonheur, T3) – Marie Laberge

Et voilà, Le goût du bonheur, c’est déjà fini. Une série de 3000 grosses bonnes pages qui se sont tournées toutes seules, sans même que je m’en sois aperçue. Alors, pour la dernière fois, faisons un petit point lecture sur cette série de Marie Laberge. 😉

Chroniques sur les tomes précédents :
Gabrielle
Adélaïde

Florent, c’est l’histoire de… Florent ? Raté. Du moins, selon mon point de vue, le titre est assez mensonger, et c’est probablement LA chose qui m’a déçue dans ce tome. Ce dernier tome a tout d’un “Adélaïde bis”, pour moi. Moi qui étais si curieuse de voir ce personnage masculin développé, je me demande si Marie Laberge ne s’est pas fait embarquer dans le tourbillon qu’est Adélaïde, et s’est ainsi retrouvée à la remettre encore une fois au centre de l’histoire. 😀 Peut-être est-ce juste une impression (je n’ai pas compté le nombre de pages consacrées à chacun des deux personnages)(mais j’aurais pu être tenté), mais en tout cas, au niveau de l’impact sur le fil rouge de l’intrigue, Adélaïde donne l’impression de bien plus occuper l’espace que Florent. En soi, j’aurais presque trouvé plus logique que ce tome s’appelle “Léa”, du nom de la fille aînée d’Adélaïde, qui est également beaucoup développée dans ce tome. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai l’étrange impression que cette série est surtout une histoire de femmes, et que leurs destins, leurs combats, leurs victoires et leurs défaites sont beaucoup plus marquantes dans cette trilogie que ce qui arrive aux hommes. Léa n’est probablement pas plus développée que Florent dans cette histoire, mais elle est au cœur de certains des passages que j’ai trouvés les plus forts et inspirés… alors, encore une fois, Florent m’a paru un peu éclipsé et négligé.
Pourtant, ce qui lui arrive dans ce tome n’est pas évident, les problématiques abordées sont fortes, il connaît également une belle évolution, mais je trouve notamment sa fin un peu bâclée : une fois de plus, ce sont Adélaïde et Léa qui remportent le droit de clôturer en beauté la série, alors que Florent bénéficie d’une sortie qui a tout du courant d’air.

Ce billet va décidément être assez curieux : je ne vous dis rien de l’histoire, je pars dans des remarques très, très subjectives et pas organisées. 😀 Mais tant pis, c’est toujours un peu compliqué de pitcher des sagas familiales, je trouve. Comme d’habitude, ici, les histoires de la multitude de personnages s’entremêlent, certains personnages sont agaçants à certains moments, mais c’est pour mieux les retrouver et les aimer cent pages plus loin. Même si j’ai trouvé ce tome moins dur que le précédent (ou, autre hypothèse : je savais plus à quoi m’attendre :D), le livre n’hésite pas à y aller quand il s’agit d’histoires humaines sordides, mais il est aussi tellement généreux en moment émouvants et emplis de bonté qu’il réussit à trouver un équilibre assez habile.
En refermant ce tome, je me suis sentie terriblement nostalgique : je repensais à la Germaine du premier tome, si différente, à Adélaïde, si petite dans le premier tome, j’ai regretté Nic, comme tous ces personnages j’avais l’étrange impression qu’il allait revenir d’un moment à l’autre, j’ai appris à découvrir Léa et j’ai adoré suivre sa psychanalyse (sacré exercice d’écriture je trouve, très bien relevé par l’autrice. Je ne sais pas si c’est réaliste, mais j’ai en tout cas adoré lire cette introspection du personnage)… J’aurais envie de parler de chacun, de dire combien la fin de certains m’a rendue triste et heureuse à la fois, ou juste triste, tout court, et me dire que le personnage ne méritait pas un tel destin, comme je me le serais dit pour une vraie personne.

Bref, j’ai totalement marché, voire couru. En terminant ce dernier tome de 1100 pages, je me suis demandée pourquoi c’était déjà fini, pourquoi il n’y avait pas de tome 4 . Franchement, il existerait, je serais déjà en train de le lire, ce livre. Pourtant, je suis toujours une adepte du “mieux vaut pas assez que trop” quand il s’agit de série. Mais là, vraiment, ce n’est pas assez du tout, je ne sais même plus quoi lire maintenant, moi, tellement je voudrais juste retourner auprès des Miller & co ! 😀