Miss Charity t1 – Loïc Clément et Anne Montel

Amis des p’tites bêtes et des beaux dessins, aujourd’hui je vous parle de Miss Charity (en BD) !

De Marie-Aude Murail, qui a écrit le roman dont cette BD est adaptée, j’ai lu L’Espionne fonde son club, et d’autres « L’Espionne » je pense, et Il était trois fois, quand j’étais bien petite. Je crois même que c’était dans des J’aime Lire :p Rien depuis : j’ai laissé Sauveur et fils à Morgana ! Du coup, c’est tout comme si je découvrais complètement son univers.

Pour Loïc Clément et Anne Montel, qui ont adapté le roman, mes souvenirs sont un peu plus récents puisque j’avais eu un coup de cœur en … janvier 2018 (le temps passe un peu vite 😮 ) pour Nos jours sucrés ! Et je pensais en avoir fait une chronique, vous mettre un petit lien interne, touça touça, mais non ! Je l’avais juste rapidement évoqué dans un « C’est le 1er je balance tout »… Aaah la déception !

Bon bref, je vais essayer de me rattraper sur Miss Charity !

Charity est une petite fille qui vit en Angleterre dans les années 1880 dans une bonne famille. Quand on dit « bonne famille » ça veut rarement dire « famille funky » et le moins qu’on puisse dire c’est que Charity se fait ch*** toute la journée ! Sa mère veut bien lui parler une fois par semaine, pour l’interroger sur la Bible avant d’aller à la messe, et son père veut bien lui parler … jamais et elle n’ose pas le regarder dans les yeux. Ambiance à la maison ! Charity se réfugie dans sa chambre, auprès de sa bonne, sa gouvernante, Julius son rat, Darling son crapaud, Jack son hérisson. (et puis son oiseau éclopé, ses têtards, ses escargots … !). Et elle préfère mille fois dessiner des champignons à l’aquarelle qu’apprendre le piano.

J’ai été très touchée par toute ma lecture, j’ai suivi Charity de 5 à 15 ans avec grand plaisir. J’ai trouvé que toutes ses émotions de petite fille, son ennui, sa soif de découverte, étaient dépeintes de manière très sensible.

Très discrètement sont glissés des détails sur la place de la religion ou encore la condition des femmes de cette époque : « J’aurais fait un petit garçon très acceptable mais j’étais une fillette désespérante ».

Les pages mêlent aussi réalité et fantasmes, subjectivité de la petite fille qu’est Charity : elle est « accompagnée » par l’image de ses deux sœurs décédées très jeunes, par les histoires terrifiantes de sa bonne, son cousin qui se transforme en renard héroïque … Le tout ajoute une vraie touche d’onirisme à cette BD déjà très poétique avec ses dessins doux à l’aquarelle !

En quelques cases parfois, la BD en dit beaucoup. Comme je l’ai dit, je n’ai pas lu le roman d’origine, mais il me semble que, quelque soit le livre, l’adaptation en images n’est pas toujours aisée. Loïc Clément et Anne Montel ont su trouver un bel équilibre image-texte, et un bon rythme pour nous raconter cette histoire. J’ai vraiment été immergée dans cette lecture vers laquelle je m’étais tournée plus par curiosité qu’avec une réelle attente.

La seule chose que je peux dire c’est que j’ai été un peu frustrée par la fin tellement je voulais lire la suite ! Comment ça ce n’est pas un point négatif ? Bon, alors je n’ai aucun point négatif ! 😀 Vivement le tome 2 !

La vie secrète de la forêt – Grégoire Solotareff

Je ne saurais vous dire exactement pourquoi, mais dès l’instant où j’ai vu le titre et la couverture de ce roman, je me suis dit qu’il ferait une parfaite lecture hivernale. Des histoires de sorcières, de lutins ou de (plus ou moins) charmants lapins, voilà qui allait parfaitement occuper mes soirées cocooning !

La vie secrète de la forêt est une succession de (très) courtes nouvelles, sur des animaux et des créatures fantastiques logeant dans la forêt. Découpé en quatre partie, le livre suit le fil des saisons et nous conte une foule d’anecdotes plus ou moins loufoques.

L’objet-livre en lui-même est très joli : chaque petit conte bénéficie d’une petite illustration en tête de chapitre, et chaque nouvelle saison a droit à une planche entière, avec un dessin au trait – toujours à l’encre rouge -, que j’ai trouvé très sympa ! Je me suis tout à fait imaginée ce que cela pouvait donner de le lire avec un enfant qui ne saurait pas encore lire pour sa part (j’ai à mon actif une certain nombre de “je veux voir l’imaaaaaaage” entre mes 2 et 7 ans, lorsque ma mère me lisait la fameuse “histoire du soir” :D). Au niveau de la présentation, le livre fait pour moi un sans-faute !

Pour ce qui est des histoires, j’ai malheureusement plus de réserve, et ce pour plusieurs raisons. J’ai trouvé les histoires assez inégales dans l’ensemble : certains m’ont beaucoup plu, tandis que d’autres m’ont laissée très froide ou sur ma fin (les contes sont vraiment très, très courts la plupart du temps). Les histoires se finissent souvent très brutalement, et parfois la chute ne m’a pas fait l’effet d’une chute, justement, mais plutôt donné l’impression qu’il manquait des pages à mon exemplaire. De plus, le recueil étant assez épais, j’ai fini par trouver quelque chose d’un peu redondant à ces petites histoires. Je serais bien incapable de vous dire si elles deviennent vraiment moins bonnes au fur et à mesure ou si je me suis simplement lassée, mais plus j’avançais, moins j’avais envie de revenir à ma lecture. Mais ce qui m’a le plus gênée est probablement le peu de clarté de certaines morales, ou, plus gênant, lorsque j’en voyais une se dessiner, il est arrivé qu’elle me gêne un peu. D’accord, la morale des contes craint souvent en général lorsqu’on se penche deux minutes dessus (du moins elle n’est souvent plus en accord avec les valeurs de notre époque, ou, du moins bis, les miennes propres :D), mais justement, si j’aime découvrir des contes modernes, c’est aussi pour la modernité des morales. Pour le coup, je reste assez mitigée concernant l’intérêt globale des histoires.

Pour ce qui est de l’objet-livre, c’est un grand oui ! Quant au contenu, je suis plus mitigée concernant les histoires, qui sont loin de m’avoir plu de manière assez uniforme. Certaines m’ont énormément amusée, mais on doit être à un ratio d’une histoire sur deux qui m’a vraiment convaincue. Moi qui avais tellement envie d’adorer cette lecture, je suis un peu déçue de ne pas avoir pu écrire un article qui vous recommande inconditionnellement l’ouvrage, même si je me souviendrai longtemps de certains contes… comme celui à lire avec l’accent du Sud, qui a donné lieu à une lecture à voix haute assez mythique lors de mes vacances de fin d’année dans ma famille ! 😀

Tuer Van Gogh – Sophie Chérer

J’ai toujours été assez fascinée par l’histoire de Van Gogh. Il y a quelques années, je m’étais plongée dans sa correspondance avec son frère Théo, et j’en étais ressortie étonnée par la personne atypique qui se devinait au fil des lettres. Tuer Van Gogh s’annonçait différent de la correspondance – forcément, il s’agit d’un roman ! 😀 Pourtant, dès le début, on ressent combien Sophie Chérer s’est documentée : la fiction s’entremêle avec la réalité, la plume s’adapte au langage et à la vision du peintre, et nous voilà embarqués dans la vie de Van Gogh, telle qu’elle aurait pu réellement se dérouler !

A peine le premier chapitre entamé, j’étais charmée. Aussitôt ouvert, le livre nous immerge dans l’univers du peintre. Arrivé depuis un mois à Auvers-sur-Oise, Van Gogh fait la connaissance de deux frères : Gaston, l’aîné, dont il repère vite le talent pour la peinture, et René, le cadet, petite terreur passionné de Buffalo Bill, qui n’a de cesse de harceler le peintre par tous les moyens possibles. Ces frères Secrétan, Van Gogh les a véritablement rencontrés, et ils sont à l’origine d’une théorie assez incroyable au sujet de la vie du peintre (difficile de ne pas spoiler, je fais au mieux mais je vous assure qu’il m’est vraiment compliqué de vous faire comme d’habitude un article sans spoilers :D).

Le roman n’est pas placé sous le signe de l’action : si ce n’est la fin explosive, le reste de l’intrigue relève plus du tableau qui se compose peu à peu. Par touches successives, nous découvrons l’étrange personnage qu’est Van Vogh (je ne cache pas qu’il m’a paru ici plus attachant que dans ses lettres), de ses relations avec les locaux, et spécifiquement avec les frères Secrétan. Chaque chapitre porte le nom d’une couleur qui reflète les événements qui vont s’y produire, et il s’agit surtout de se laisser porter par ce récit, étrange portrait d’un étrange héros.

Tuer Van Gogh a quelque chose de très brut et honnête : il présente ses personnages sans fard, et constitue un étonnant mélange entre poésie et crudité. Les héros n’en sont pas vraiment : Vincent est un curieux bonhomme, qui estime les douches superflues et s’avère tyrannique lorsqu’il s’agit du travail que demande selon lui la peinture, tout en restant profondément touchant. Gaston manque clairement de courage et René d’humanité. Bref, pas vraiment des héros classiques de roman jeunesse.

Je recommande tellement ! A toute personne intéressée par l’art, Van Gogh, etc. J’en ressors en ayant envie de plus m’informer sur les événements dont traite le livre (le dossier à la fin, où l’autrice raconte tout ce qui l’a amenée à écrire livre est d’ailleurs passionnant à ce sujet), ainsi que de me replonger dans la correspondance de l’artiste (et d’aller faire un tour à Auvers-sur-Oise, mais ça c’est une autre histoire :D).

Battle #4 : Jouons dans l’univers de Claude Ponti et Joann Sfar !

Je zieutais les jeux de société de l’Ecole des Loisirs depuis quelques temps, j’ai fini par me laisser convaincre par la Gigantomaskmarade et La Maison hantée de Petit vampire.

Le premier reprend l’univers de Claude Ponti, le second de Joann Sfar. Comme cet article présente à lui seul deux jeux, je vous propose une forme d’article qu’on fait peu souvent : une nouvelle battle !

Alors Blaise contre Petit vampire, c’est parti …. « Bagarre de monstres ! » (et de poussins)

Qualité du matériel

Connaissant bien les livres de la maison d’édition, mais n’ayant jamais testé leurs jeux, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Dans ces cas-là, on a parfois des jeux aux finitions un peu amateurs, ou avec des cartes ou un plateau trop souples, bref un matériel qui ne donne pas très envie. J’appréhendais un tout petit peu le système de fixation des plots sur les pions, peur que le carton ne s’abîme, mais même pas de bémol là dessus. Alors première bonne nouvelle : ici tout est parfait et on peut se lancer dans la partie les yeux fermés sur la qualité ! Chouette !

J’ai préféré les pions de La Maison hantée de Petit Vampire : les personnages sont plus variés que juste des poussins de couleurs différentes, et nous ont bien fait rire : nous avons joué Marguerite, le Frankenstein mangeur de caca … et Claude, le crocodile débile : fine équipe !

Plateau La maison hantée de Petit Vampire

En revanche, le plateau nous a paru plus clair dans la Gigantomaskmarade. J’ai bien aimé le principe des cartes placées de manière aléatoires et à retourner au cours de la partie. Du fait du trait de Joann Sfar, que je peux apprécier par ailleurs, le plateau de La Maison Hantée de Petit Vampire était quant à lui un peu moins facile à « lire ». La règle du jeu présente même une version simplifiée du plateau pour bien définir les zones et les passages, pas très clairs la première fois qu’on y joue.

Plateau La gigantomaskmarade

En gros, sur cette étape de la battle, ce sera une égalité ! Les deux jeux ont leurs forces et leurs faiblesses qui dépendent surtout d’un ressenti subjectif, mais les cartes, pions et plateaux sont dans tous les cas super agréable à jouer ! 🙂

Petit Vampire 1 – 1 Blaise

Univers

Au niveau de l’univers, comme je le disais, l’un reprend l’univers de Claude Ponti, l’autre de Joann Sfar. Là-dessus, je ne départagerai pas !
Rien que lire les règles de la Gigantomaskmarade nous a bien fait rire avec le vocabulaire propre aux œuvres de Ponti : entre le fait de « chopépiker » le masque de Blaise, retourner dans sa « mézon », l’échange de duvet et imiter un poussin, ça nous a mis dans l’ambiance direct ! Et comme j’avais quasiment tout le temps le masque de Blaise et que j’ai gagné, je ne peux qu’être satisfaite 😀

Pions La Maison hantée de Petit Vampire

On retrouve vraiment bien l’univers de Petit Vampire dans La maison hantée également ! Là aussi par le dessin, forcément, ainsi que dans les gages : imiter un vampire, ronfler comme un monstre (ce qui paraît-il je n’ai aucun mal à faire la nuit visiblement, joie de la grossesse :D).

En gros, j’ai vraiment apprécié la manière dont les deux jeux reprenaient vraiment bien les univers qu’ils adaptent, et pour les départager, ce serait là aussi en fonction des préférences de chacun !

La Gigantomaskmarade

En revanche, là où il va pouvoir y avoir une différence dans la battle, c’est sur le fait qu’on peut entrer sans soucis dans le jeu de la Gigantomaskmarade même si on ne connaît pas l’œuvre originale. Par contre, il nous a semblé qu’il fallait avoir quelques connaissances de la BD pour La Maison hantée: la règle ne précise par exemple pas quel pion est le Gibous, le « méchant » du plateau de jeu ! Alors si on ne le sait pas, pas d’autre choix d’en prendre un au hasard ou de vérifier sur Google, même si au final le dé présente une face Gibous et qu’on reconnaît le personnage, la règle ne l’explique pas précisement, et moi je comprends pas toujours tout o:). De la même manière, si imiter un poussin dans la Gigantomaskmarade ne demande pas de prérequis, quand on nous demande d’aboyer comme Fantomate on peut se demander qui c’est (c’est son chien, logique, vu qu’il aboie) !

Pour cette raison, et la facilité qu’on peut avoir à entrer dans un univers ou dans l’autre, surtout si on ne connaît pas les œuvres à la base, je donne une légère avance aux Poussins !

Petit Vampire 1 – 1,5 Blaise

Plaisir de jeu

On a trouvé les deux jeux vraiment bien complets, et les règles bien trouvées. Les ayant testés l’un à la suite de l’autre, j’avais un peu peur que ce soit le même jeu, avec les mêmes règles, mais adaptés à des univers différents, et pas du tout ! La Gigantomaskmarade est un peu plus un jeu de hasard, là où La Maison hantée de Petit Vampire peut avoir un côté un peu plus stratégique, ça explique sûrement pourquoi le premier est noté accessible à partir de 5 ans, et le second à partir de 7 (surtout qu’il faut savoir lire les cartes gages et super-pouvoirs de La Maison hantée).

Alors si là aussi, le plaisir de jeu reste super subjectif et qu’il est sûrement biaisé par le fait que j’ai gagné la partie sur un jeu et pas sur l’autre … o:) Il y a quand même un point qui va faire que je vais départager les deux jeux.

Cartes La Maison hantée de Petit Vampire

Dans la Maison hantée de Petit Vampire, il y a beaucoup de gages : il faut ronfler ou aboyer selon les pièces dans lesquelles on entre au cours du jeu, faire tout un tour de jeu la main levée en gigotant sur son siège, répéter « coucouille » pendant tout un tour … Et je dois dire que ça ne m’a pas tellement amusée. Et pas seulement parce que je suis une adulte pas drôle : lorsque j’étais enfant, c’est le genre de règles qui m’auraient mise très mal à l’aise, et je n’aurai pas du tout aimé !

Blaise Victorieux La gigantomaskmarade

L’étape finale pour gagner également : dans la Gigantomaskmarade, il faut accumuler des pièces de puzzle, on gagne lorsqu’on est le premier à toutes les avoir ; dans La Maison hantée, on accumule les cartes armes, et on doit battre le Gibous au Chifoumi (en 5 manches !). On a trouvé l’étape du Chifoumi pas très recherchée et répétitive …

Cette histoire de gages qui peuvent ne pas amuser les joueurs dépend du caractère de chacun, mais ça me semblait à noter :p Le point ira donc à la Gigantomaskmarade 😉

Petit Vampire 1– 2.5 Blaise !

Blaise le poussin ressort vainqueur de cette battle ! C’est un sacré poussin pour vaincre un vampire ! (on ne se méfie jamais assez des poussins !)

Quoiqu’il en soit, malgré cette petite différence de score au final, les deux m’ont semblé être de très bons jeux, qui peuvent sans soucis finir sous le sapin de vos enfants / neveux / petits cousins cette année !

D’ailleurs, il y a quoi sur votre liste au Père Noël à vous ? 🙂