Pëppo – Séverine Vidal

Pëppo, c’est un petit livre qui se dévore : au programme de la tendresse (beaucoup), de la loufoquerie (souvent), et des inventions culinaires plutôt inspirées.

Salut mon frère
Je pars à La Jonquera.
Occupe-toi des petits.
Je reviendrai.

Elle a déconné, Frida.
J’ai déjà du mal à m’en sortir quand j’ai que moi à gérer, alors je comprends pas comment elle a pu croire une seconde que je pourrais faire ça. Tout seul.
Je sais même pas comment on chauffe un biberon.
Mettre une couche dans le bon sens.
D’ailleurs tout le monde le dit toujours, et Tonton Max en tête : Pëppo t’as pas de bon sens.
Je suis coincé.
Pëppo, mon gars, t’es coincé. Gravement.
Et tout ce que tu vas faire, à partir d’aujourd’hui et jusqu’au retour de Frida, tu le feras deux mômes sur les bras.
Ou dessous.
Je sais même pas comment ça se porte des bébés.

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Pëppo n’a rien du personnage stéréotypé qui est là pour vendre du rêve. Pëppo, il est décalé, bizarre, mais un “bizarre-attachant” au possible. Il semble vivre un peu dans son monde, comme tous les personnages de ce roman, cela dit. Une équipe de marginaux qui fonctionne parfaitement ensemble… enfin, parfaitement, c’est vite dit : sinon, pourquoi Frida serait-elle partie comme ça ? En moins de 200 pages, on va voir comment l’équilibre-déséquilibré qu’ils s’étaient créé vole en éclat et doit se reconstruire. Le héros va se retrouver face à la notion de responsabilité pour la première fois de sa vie : l’esprit libre et naïf qu’est Pëppo va devoir redescendre un peu sur Terre et réaliser que, s’il a pu vivre comme ça jusqu’à présent, c’était un-peu-beaucoup grâce à sa soeur qui tenait tout à bout de bras.

Alors, je ne suis pas certaine que la méthode de Frida ait été la plus… raisonnable (laisser ses deux nourrissons à son petit frère de 16 ans qui sait à peine s’occuper de lui-même… niveau espérance de survie des bambins, on est sur un gros bof :D), mais Pëppo est plein de surprise, et elle est sans doute la personne qui le connaît le mieux. Alors, finalement, j’ai trouvé que ça fonctionnait bien et que ça donnait un récit terriblement attachant et touchant. Plein de sujets graves sont abordés, mais l’atmosphère un peu surréaliste en fait un livre plutôt doudou, qui donne chaud au cœur.

Et puis, qu’est-ce que c’est drôle ! L’écriture est vive, le ton sonne juste et m’a arraché de nombreux sourires. Et en bonus, on a droit à l’histoire d’amour la plus improbable et réaliste que j’ai vue :  voir le regard de Pëppo sur Marie-Lola évoluer a été l’une des meilleures choses de ce livre, tant c’est amené d’une manière singulière, juste et drôle (#coeurcoeurcoeur).

En bref, Pëppo, tu m’invites quand tu veux à manger des “trempés-choco” (des palmiers trempés dans du nutella fondu, est-ce qu’on n’aurait pas là l’invention du siècle, là, les gars ?!) et à boire un café-chaussette (tant que la chaussette en question a été lavée).

2 Comments on “Pëppo – Séverine Vidal

  1. Haaaaaan maiiiis ça a l’air carrément trop biiiiiiien !
    (Tu me tentes pour te venger de la tentation des Soeurs Carmines c’est ça ?^^)
    C’est exactement le genre de livre que j’ai envie de lire en ce moment alors merciii pour cette jolie découverte !

    • Mais non, mais non, je ne m’abaisserais pas à une vengeance de la sorte. 0:)
      C’est très estival comme lecture, donc je comprends ton envie ! J’espère que tu pourras rencontrer Pëppo dans pas trop longtemps ! 😉

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