Riverkeep – Martin Stewart

Dans 3 jours, Wull aura 16 ans. Ce sera alors à lui de succéder à son père et de devenir le Riverkeep, celui qui garde le fleuve Danèk. Si vous imaginiez un joli petit cours d’eau tranquille, oubliez : le Danèk charrie essentiellement des cadavres et des créatures maléfiques. Mais comme si la vie de Wull n’était déjà pas assez meugnonne comme ça, il faut en plus que l’une des créatures décide de posséder son père. Pour le sauver, Wull va devoir se lancer dans un périple qui lui réserve bien des surprises…

Voilà, bienvenue chez Wull. Si vous avez une phobie des mots tels que “borborygmes”, “croûtes”, “intestins”, “entrailles”, “moignon”… évitez, vraiment. Car ce sera l’un des principaux reproches que j’ai à faire à Riverkeep : on l’a compris on est sur un livre qui veut faire frissonner mais qui préfère utiliser pour ça des tonnes de mots peu ragoûtants plutôt que de jouer véritablement avec notre peur. Enfin, peut-être que l’auteur voulait vraiment faire un livre blindé d’adjectifs et de de noms répugnants. Dans ce cas c’est réussi, l’univers est rempli de trucs et de passages pas très mignons. Seulement, vu le potentiel du livre, j’aurais aimé qu’il me fasse véritablement frissonner, qu’il joue avec notre peur, avec le non-dit plutôt qu’avec trop descriptif, qui a juste eu pour effet de me dégoûter… ou de me faire rire, quand c’était vraiment trop. Et comme ma sœur le lisait avec moi, j’avais quelqu’un avec qui partager ces moments de frustrations intenses quand l’auteur n’exploitait pas une scène qui aurait pu s’avérer terriblement inquiétante mais s’avérait juste… sale.

Bon, après, c’est un parti-pris et une affaire de goût.

A côté de ça, l’aspect humoristique est beaucoup mieux géré. Les dialogues, qui frôlent souvent l’absurde, sont assez savoureux. L’auteur a créé une bande de personnages bien tapés très hétéroclites qui lui permet des interactions très drôles. Point négatif ? C’était souvent très long, ces dialogues. Du coup, on finissait par être un peu lassées des chamailleries de Till, Remedie et Mix, les compagnons de route de Wull. De manière générale, il faut dire que j’ai trouvé que le roman souffrait d’un sérieux souci de rythme : j’ai bien mis une cinquantaine de pages à me prendre au jeu et à entrer dans le livre, mais même une fois “dedans”, l’intrigue me paraissait bancale. Ok, je m’étais attachée aux personnages et j’avais fini par adhérer au ton général, mais plusieurs péripéties m’ont paru assez inutiles : je ne trouvais pas qu’elles servaient de manière pertinente l’intrigue principale.

D’ailleurs, c’est peut-être cela mon principal problème : l’intrigue principale ne m’a pas paru assez exploitée, au profit d’épisodes secondaires extrêmement sympas mais censées être… secondaires, tout simplement (le Croquebotte, l’équipe qui poursuit Till, Clutterbuck l’étrange scientifique, Mme Wurth, Mme Vihv…). Ce sont tous ces épisodes qui nous captivaient ma sœur et moi, nous faisaient rire ou nous ont parfois émues. L’axe du père de Wull nous a laissé assez froides au début (on était encore dans la phase où on essayait d’apprivoiser le livre, voyez-vous) et la fin, si elle est assez touchante, tombe très rapidement. Alors qu’on sent bien que l’auteur la prépare depuis le début (logique), elle m’a tout de même donné la sensation d’arriver de nulle part et de comporter de nombreuses zones d’ombres qui auraient mérité d’être éclaircies. De même pour certaines intrigues secondaires, qui m’ont laissée sur ma fin – ce qui m’a doublement frustrée car, je vous le rappelle, les intrigues secondaires sont ce que j’ai le plus aimé.

Je trouve tout de même cela dommage, car l’histoire de Wull et de son père est très jolie : on parle de transmission, de lien filial,  d’affronter ses peur et de se dépasser par amour, bref, de découvrir de qui on est et quel genre d’adulte on veut devenir… Du coup, je regrette que cela n’ait pas été encore plus exploité. J’apprécie presque plus cet aspect du livre en vous en reparlant maintenant que durant ma lecture.

Riverkeep a été un moment de lecture partagé avec ma sœur et restera un bon souvenir grâce à cela. Si je l’avais lu seule, peut-être cela aurait-il été différent : il y a quand même beaucoup de points du livre qui m’ont déplu, même si l’univers atypique reste très sympa et la bande de personnages souvent hilarante, parfois touchante.
A voir selon le type d’éléments qui vous séduisent dans un livre 😉

3 Comments on “Riverkeep – Martin Stewart

  1. Ton avis me laisse mitigée (dommage, le résumé était plutôt sympa), mais pourquoi pas ? Ça fait pas mal de défauts malgré tout, c’est regrettable car il semblait y avoir de bonnes idées au niveau de l’univers !

  2. J’aime bien les trucs rigoulos, mais j’aime pas les trucs cracras, me voilà bien embêtée !
    Du coup pourquoi pas pour essayer, mais de loin un peu, avec la possibilité de poser le livre dès que ça me débecte et avec le réflexe de ne pas manger en le lisant =D

    • Ouiiiii, le retour de Plouf ! ♥
      Pardon, aucun rapport avec le contenu de ton commentaire, mais j’avais besoin d’extérioriser ma joie intense 😀
      Bon, ça reste quand même de la littérature assez jeunesse, donc il n’y a rien d’insoutenable je pense (sauf phobie particulière ^^)… mais effectivement, peut-être que ne pas manger devant est une bonne mesure de précaution malgré tout 😀

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