Tendre est la nuit – F. Scott Fitzgerald

Tendre est la nuit, c’est le livre avec lequel j’ai terminé 2017 et commencé 2018. Alors, même si j’ai plusieurs autres lectures antérieures dont je devrais vous parler en premier, j’ai décidé de débuter avec ce bon vieux Fitzgerald.
Il y a quelques années, j’avais déjà chroniqué Gatsby.
Il y a quelques jours, au détour d’un rayon de la médiathèque, mon regard s’est arrêté sur la jolie petit brique qu’est Tendre est la nuit.

Hé, mais j’avais adoré l’écriture de Fitzgerald, s’est dit mon petit cerveau. Et c’est comme ça que je suis repartie avec (bon, entre temps, il y a eu un paquet de péripéties qui mettent en scène la pauvre libraire fatiguée qui bossait ce jour-là et des cartes de bibliothèques interverties… tout cela est tellement passionnant que je vous épargnerai les détails, l’essentiel est que je suis quand même rentrée chez moi avec le livre :D).

Comment vais-je pouvoir vous parler de Tendre est la nuit ?

Quand je l’ai commencé, j’étais contente de retrouver la plume de Fitzgerald, qui n’en finit pas de me fasciner. Ses descriptions où la nature se fait si vivante, est parfois personnifiée et devient le reflet des personnages d’une manière assez puissante… je ne m’en remets toujours pas (vous avez le droit de me prendre pour une folle, pas de souci :D).

Passées mes retrouvailles avec ce style que j’aime tant, je restais assez mesurée par rapport à l’enthousiasme initial que je pensais ressentir. Toute la première partie nous est contée au travers des yeux de Rosemary, 18 ans, actrice prometteuse qui prend des vacances sur la Côte d’Azur avec sa mère. Là, elle rencontre les Diver, un couple qui la fascine et dont elle tombe aussitôt amoureuse. Les Diver sont entourés d’un groupe auquel Rosemary s’intègre bien vite. Cette vie des années 20, menée par les personnages au rythme des fêtes et dépenses faites sans compter, pourrait être légère et superficielle. Sauf que ce n’est pas le cas. Dès le début, un certain malaise flotte au-dessus de toute cette histoire.

Que cachent les Diver ? Qu’a vu l’une de leur amies dans la salle de bain, amie qu’ils se sont ensuite empressés d’écarter ? Je me sentais un peu comme Rosemary : sous le charme des Diver, intriguée par ce mystère de la salle de bain, que j’avais aussi tendance à vite oublier mais qui revenait au détour d’un chapitre.

Peut-être  est-ce pour cela que j’ai aimé sans adorer la première partie : je me sentais un peu trop “comme” Rosemary, alors que toute la force du récit réside dans l’histoire des Diver, dont on est comme écartés jusqu’à la deuxième partie. A partir du moment où l’on découvre leur passé, le fonctionnement de leur relation, le livre m’a véritablement happée.
La préface indique que Rosemary n’était pas dans la première version du récit. C’est drôle car je trouve en effet que Rosemary garde un côté assez extérieur, comme si elle n’avait jamais été vraiment intégrée complétement à l’histoire. A noter qu’il existe des éditions où la première partie n’est pas publiée à ce que j’ai compris (merci SALT pour l’info !). Je ne sais trop qu’en penser : d’un côté, sans qu’elle soit aussi géniale que la suite, cette première partie me semble assez utile : elle fait comme monter une certaine tension et entretient un mystère qui fait qu’on est doublement frappé par les révélations de la suite.

Tendre est la nuit m’a plus touchée que Gatsby. Pourtant, les pitchs de départ se ressemblent pas mal : Nick, comme Rosemary, rencontre un groupe de personnes aussi attirantes que mystérieuses et les découvre peu à peu. Peut-être cette préférence est-elle dû à l’aspect fortement autobiographique de Tendre est la nuit, qui lui donne ce côté plus réaliste et dramatique – même si j’adore le côté “gros rêve délirant et sous substances” de Gatsby :D. Et oui, les Diver, c’était Fitzgerald et sa femme, Zelda (si toi aussi tu as la musique d’Ocarina of time en tête, c’est normal, t’inquiète).
Le fait de savoir cela d’avance a-t-il pu jouer sur mes émotions durant ma lecture ? Sans doute, mais je pense que sans même le savoir, l’histoire des Diver recèle une puissance dramatique assez impressionnante. Une chose est sûr, ce vieux Scott et Zelda n’ont pas dû beaucoup, hum… s’ennuyer, durant leurs vies. Et quelles vies !

Je ressors de cette lecture avec l’envie d’en découvrir plus sur eux. Zelda aurait écrit son roman Accordez-moi une valse en réponse à Tendre est la nuit, car elle n’aurait pas été très contente de ce que son mari y avait raconté (tu m’étonnes, même si c’était proche de la réalité, pas sûr que tu apprécies de voir étaler ta vie comme ça sans ton autorisation :D). J’aurais bien envie de lire la version de Zelda au sujet du couple qu’elle formait avec Fitzgerald !

Et voilà, c’est le genre de chronique où j’ai l’impression de n’avoir jamais tout dit, d’avoir parlé pour ne rien dire alors qu’il y aurait tant à raconter sur un tel roman. J’en ai marre, je veux lire des livres creux et mal écrits.

Je finirai en vous racontant le drôle d’effet qu’a eu sur moi ce livre : durant toute ma lecture, j’ai eu Strangers in the night en tête, que je fredonnais en remplaçant “strangers in the night” par “tender is the night”… Une nouvelle blague bizarre de mon cerveau 😀

One Comment on “Tendre est la nuit – F. Scott Fitzgerald

  1. Je n’ai lu que Gatsby de l’auteur, pour la fac et du coup je me souviens un peu de l’avoir vécu comme une contrainte (bonjour la maturité de la première année ^^), du coup je n’en garde qu’un souvenir d’ennui, ce qui est dommage et je me dis qu’il faudrait que je le relise maintenant !
    Et du coup Tendre est la Nuit m’intrigue d’autant plus ! Peut être que je me remettrai dans les oeuvres de Fitzgerald par celui là ?
    Et je te remercie pas pour la chanson dans la tête x)

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