Trois courts-métrages d’animation adaptant les contes de fées

Après Hôtel Echo, un film qui utilise Barbe-Bleue pour parler des violences conjugales, nous avons découvert trois courts-métrages adaptant librement des contes : La Petite sirène, La Belle au Bois Dormant, ou encore les contes de fées façon Disney … Trois films très différents les uns des autres, originaux et très beaux, qu’on avait très envie de vous présenter !

Et là vous voyez, je suis dans un dilemme de blogueuse absolument insurmontable : est-ce que je commence par vous parler du court métrage amusant, du beau, ou du beau et amusant ? Là est la question ! Mais en fait, peu importe, vous pouvez même lire les paragraphes dans le désordre si ça vous fait plaisir :p

Et quant à moi, je commence avec La Belle au Bois d’Or.

La Belle au Bois d’Or, de Bernard Palacios – 2001, 12min

Pour celui-ci, pas besoin de chercher très loin, on comprend tout de suite qu’il s’agit d’une adaptation de La Belle au Bois Dormant. Le film commence lorsque la Belle est endormie, attendant son Prince. Un lapin arrive et l’embrasse. Juste un lapin, même pas un Prince Lapin, mais ça marche et la Princesse se réveille. Habile n’est-ce pas ? Bon le lapin s’en va, rassurez-vous, on ne passe pas direct sur « ils se marièrent et eurent beaucoup de lapereaux ». On pourrait croire que le fait que le lapin arrive avant le Prince n’est qu’une question de timing, mais la Belle a dormi loooongtemps. Beaucoup trop longtemps. Et le Prince l’a tout simplement oublié. Sympa, il avait sans doute autre chose à faire le fifrelin. Comme chasser des lapins par exemple … Quoi qu’il en soit, la Belle au Bois d’Or se réveille à notre époque, et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle est déboussolée… A ce moment-là on est un peu dans un mix entre Les Visiteurs et la Cendrillon de Téléphone, mais le court-métrage reste poétique et mignon. La Belle ne finit pas alcoolique comme dans la chanson et est recueillie dans un cirque comme chanteuse, avec un cheval blanc trop chou. Et toute la question est de savoir si elle finira par trouver son prince pour réaliser son destin de princesse :p

Ce court-métrage d’animation a été l’un de nos préférés des programmes courts. Nous avons aimé le dessin très doux et rond, faisant penser à un album pour enfants. La princesse se réveillant dans une époque qui n’est pas la sienne en fait un film un peu décalé, amusant, tout en restant touchant.

Malheureusement, il me semble que le court-métrage est difficilement trouvable *, mais si vous êtes curieux, le documentaire Dessine-moi un film de Martin Figere propose l’analyse du court-métrage Le haut pays des Neiges, du même réalisateur. Nous l’avons vu également à la suite de La Belle au Bois d’Or, l’occasion de rencontrer un yéti femelle se comportant comme un chat et absolument adorable :p

Potr’ et la fille des eaux, de Jean-François Laguionie – 1974, 12min

Le film est présenté comme un conte celte écrit par Laguionie, mais nous n’avons pu nous empêcher d’y voir une ressemblance avec La Petite Sirène. Alors même si ce n’est pas forcément voulu par le réalisateur, on vous propose d’en parler ici comme d’une réécriture de La Petite Sirène à la sauce celtique :p Et revenant tout juste de Bretagne au moment où j’ai vu le film, des bignous et du beurre encore dans le cœur (pas littéralement.)(Encore que après tant de kouign amann, le cholestérol n’est pas loin), je n’ai pu qu’aimer ce court-métrage. Il s’agit de l’histoire de Potr’, un pilleur d’épave un peu rustre, «  plus proche de la bête que du chrétien » dit le conte, et j’ajouterai : bien loin du prince charmant.

Mais peu importe, c’est lui le héro de ce conte, et il rencontre une Morwreg, c’est-à-dire, une sirène en breton, et pour le coup, elle, elle a tout de la sirène. (Et d’ailleurs, kassdédi à Morgana, puisque c’est même racine, et que Morgana veut dire « née de la mer », je suis sûre que c’est elle la sirène du film:D). Bref, Potr’ et la Morwreg tombent amoureux, inévitablement, mais ils ont un problème : Potr’ ne peut pas rester longtemps sous l’eau (sinon il meurt … eh oui), et la Morwreg ne peut pas rester longtemps sur terre (sinon elle sèche). L’amour compliqué à la base quoi. Et comme dans La Petite Sirène, peut-être qu’un vœu est possible pour arranger les choses et qu’ils puissent vivre ensemble… Peut-être :p C’est dur de raconter un court-métrage sans spoiler tellement on arrive vite aux premières péripéties :p

Comme tous les films de Laguionie (on vous parlera de certains dans un prochain article), nous avons beaucoup aimé Potr’ et la filles des eaux, doux et un peu cruel. Je trouve qu’on se prend d’empathie pour ce petit couple qui ne peut pas vivre ensemble, et que le côté bourru du pilleur d’épave ne se sent vite plus du tout.

Ce n’est pas forcément dans nos habitudes de vous dire où les films sont visionnables, mais pour ces courts-métrages peu disponibles, on va faire une exception, celui-ci, vous pouvez le voir dans le livre-DVD « Laguionie, la demoiselle, la traversée, et autres courts » *, que j’ai d’ailleurs acheté au festival et qui, entre croquis et nouvelles originales précédant les scénarios est des plus intéressants 😉

 

Citrouille et vieilles dentelles, de Juliette Loubières – 2010, 9min

Dans son esthétique, Citrouille et vieilles dentelles se distingue des deux autres. Potr’ est animé grâce aux papiers découpés, La Belle au bois d’Or aux celluloïd (feuilles transparentes superposées), deux techniques différentes mais dont la base reste le dessin. Citrouille et vieilles dentelles quant à lui, à recours à des marionnettes animées, ce qui donne un résultat plus en volume.

Là je vais être obligée de dévoiler un tout petit peu l’histoire, car au départ on ne sait pas que cela va avoir un lien avec les contes de fée, mais si je ne vous le dis pas, je ne peux même pas parler du film 😀 Ne vous inquiétez pas, le doute n’est pas très longtemps permis.

Nous avons donc un photographe qui arrive dans une maison de retraite pour faire un casting : il cherche un petit vieux pour une publicité pour je ne sais plus trop quoi de super pas sexy (type couches absorbantes). Et il faut bien se l’avouer cette maison de retraite s’avère tout de suite bien chelou et un poil flippante … : il y a un monsieur en fauteuil roulant qui arpente les couloirs à la recherche de chair fraîche et renifle notre bon photographe, une petite vieille qui se terre sous sa couette … un poil flippante donc, mais surtout, sacrément drôle !

On se rend vite conte – « compte » pardon, ce n’est même pas une blague, ce sont mes doigts qui font des lapsus tout seuls en tapant au clavier … – que tous les résidents de cette maison de retraite ne sont autre que les personnages de contes de fées. Et comme on ne nous dit jamais dans les contes ce qu’il se passe après « ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants », la surprise est bien grande ! Et le Prince sacrément lubrique ^^ On a trouvé que toutes les références étaient très drôles et avons passé un super moment devant ce court-métrage. Il n’y a que le prétexte du personnage-photographe pour entrer dans cet établissement qui me paraît un peu moins bien trouvé, mais why not … il fallait bien un regard extérieur ahuri sur tout ce qu’il se passe là pour en rajouter à l’humour. :p
(Pour voir ce film, si vous êtes au Canada, vous pouvez le visionner ici, par contre, pour ce qui est de la France, il ne semble pas trouvable pour l’instant … *)

Tous ces courts-métrages étaient bien savoureux,

et tous tellement différents les uns des autres que nous ne saurions pas lequel choisir … Cela nous a fait beaucoup de bien de voir les contes de fées adaptés d’une autre façon de ce qu’on a l’habitude de voir, le sujet est tellement vu et revu, qu’en général les adaptations tournent toujours un peu en rond, mais ici nous leur avons trouvé un certaine originalité.

Par contre, pour ce qui est de l’originalité, ils n’arrivent pas à la cheville de l’adaptation très libre de Barbe Bleue que nous avons également vue au festival et dont je vous ai parlé ici. Préparez-vous, c’est un film très particulier :p

* Si vous avez des pistes pour trouver ces courts-métrages (DVD, plateformes internet), vous pouvez nous les partager :)

2 Comments on “Trois courts-métrages d’animation adaptant les contes de fées

  1. J’aime trop les dessins du premier court, il a l’air toout doooux !
    Merci pour ces découvertes visuelles, maintenant plus qu’à les trouver sur l’internet *remonte ses manches et sort sa loupe*

    • Si tu les trouves sur internet, je suis preneuse des liens, je n’ai pas trouvé ! :S
      C’est l’avantage des festivals on découvre plein de choses qu’on aurait jamais vu, mais du coup après pour les revoir ou les recommander à des proches, c’est impossible ^^

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