Tuer Van Gogh – Sophie Chérer

J’ai toujours été assez fascinée par l’histoire de Van Gogh. Il y a quelques années, je m’étais plongée dans sa correspondance avec son frère Théo, et j’en étais ressortie étonnée par la personne atypique qui se devinait au fil des lettres. Tuer Van Gogh s’annonçait différent de la correspondance – forcément, il s’agit d’un roman ! 😀 Pourtant, dès le début, on ressent combien Sophie Chérer s’est documentée : la fiction s’entremêle avec la réalité, la plume s’adapte au langage et à la vision du peintre, et nous voilà embarqués dans la vie de Van Gogh, telle qu’elle aurait pu réellement se dérouler !

A peine le premier chapitre entamé, j’étais charmée. Aussitôt ouvert, le livre nous immerge dans l’univers du peintre. Arrivé depuis un mois à Auvers-sur-Oise, Van Gogh fait la connaissance de deux frères : Gaston, l’aîné, dont il repère vite le talent pour la peinture, et René, le cadet, petite terreur passionné de Buffalo Bill, qui n’a de cesse de harceler le peintre par tous les moyens possibles. Ces frères Secrétan, Van Gogh les a véritablement rencontrés, et ils sont à l’origine d’une théorie assez incroyable au sujet de la vie du peintre (difficile de ne pas spoiler, je fais au mieux mais je vous assure qu’il m’est vraiment compliqué de vous faire comme d’habitude un article sans spoilers :D).

Le roman n’est pas placé sous le signe de l’action : si ce n’est la fin explosive, le reste de l’intrigue relève plus du tableau qui se compose peu à peu. Par touches successives, nous découvrons l’étrange personnage qu’est Van Vogh (je ne cache pas qu’il m’a paru ici plus attachant que dans ses lettres), de ses relations avec les locaux, et spécifiquement avec les frères Secrétan. Chaque chapitre porte le nom d’une couleur qui reflète les événements qui vont s’y produire, et il s’agit surtout de se laisser porter par ce récit, étrange portrait d’un étrange héros.

Tuer Van Gogh a quelque chose de très brut et honnête : il présente ses personnages sans fard, et constitue un étonnant mélange entre poésie et crudité. Les héros n’en sont pas vraiment : Vincent est un curieux bonhomme, qui estime les douches superflues et s’avère tyrannique lorsqu’il s’agit du travail que demande selon lui la peinture, tout en restant profondément touchant. Gaston manque clairement de courage et René d’humanité. Bref, pas vraiment des héros classiques de roman jeunesse.

Je recommande tellement ! A toute personne intéressée par l’art, Van Gogh, etc. J’en ressors en ayant envie de plus m’informer sur les événements dont traite le livre (le dossier à la fin, où l’autrice raconte tout ce qui l’a amenée à écrire livre est d’ailleurs passionnant à ce sujet), ainsi que de me replonger dans la correspondance de l’artiste (et d’aller faire un tour à Auvers-sur-Oise, mais ça c’est une autre histoire :D).

One Comment on “Tuer Van Gogh – Sophie Chérer

  1. Je me suis un peu pris de passion pour Van Gogh depuis l’épisode sur lui dans Doctor Who ! Du coup j’ai bien envie de me laisser tenter par ce roman =D
    Et puis tu le vends si bien =D

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.